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Option militaire en suspens : la CEDEAO s’ouvre à une solution amiable pour résoudre la crise au Niger

  • Date de création: 28 août 2023 16:12

(Agence Ecofin) - Les échanges entre la CEDEAO et la junte prennent une tournure plus optimiste depuis la mission des chefs religieux nigérians. Cela ravive la perspective d’un retour à la normalité constitutionnelle au sein de l’instance. 

La Communauté économique des États de l’Afrique de l'Ouest (CEDEAO) œuvre à une solution amiable pour rétablir l’ordre constitutionnel en République du Niger. C’est ce qu’a indiqué le président de la Commission de l’institution, Dr Omar Alieu Touray (photo, au micro), vendredi 25 août, à Abuja. Ce dernier s'adressait à la presse internationale sur la situation politique au Niger.

Décidé à lever toute équivoque, il a affirmé devant les médias que la CEDEAO « n’a pas déclaré la guerre au peuple nigérien » et que le déploiement de la force régionale n’est pas un « acte d’invasion ».

Selon Omar Alieu Touray, l’option militaire avait été décidée par la Conférence des chefs d’Etat du bloc, « afin d’endiguer la contagion des coups d’Etat » après les « trois tentatives de coup d’Etat réussies » et les trois autres « manquées » dans la région. 

Toutefois, la CEDEAO n’écarte pas définitivement l’option militaire brandie aux premières heures du putsch, bien que cette perspective semble s’éloigner de plus en plus. 

La nouvelle approche déclinée par le bloc ouest-africain intervient d’une part, dans un contexte d’ouverture de la junte au pouvoir, qui se montre plus réceptive à la discussion. En dépit de la poursuite de son calendrier politique rejeté par la CEDEAO, le président du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP), Abdourahamane Tchiani a depuis quelques jours, reçu toutes les délégations mandatées par l’instance sous-régionale et celle des Nations Unies.

D’autre part, la menace d’une intervention armée était perçue comme une déclaration de guerre par certains États, comme le Mali et le Burkina Faso, qui se prépareraient déjà à répondre aux côtés du Niger en armant leurs forces. Jeudi 24 août, à la veille de la conférence de presse, le Général Tchiani a pris deux ordonnances autorisant les deux pays dirigés par des militaires, à intervenir sur son sol « en cas d’agression ». 

Rappelons que depuis le 26 août 2023, la junte au pouvoir comptabilise 30 jours à la tête du Niger. Cela, dans un contexte socio-économique et politique extrêmement problématique. Les sanctions émises par le bloc ouest-africain, et validées par l’Union africaine, mardi 22 août, sont toujours en vigueur, alors que la junte enracine son pouvoir. Un gouvernement formé a déjà pris fonction et une transition politique de trois ans maximum, formellement rejetée par la CEDEAO, a été annoncée depuis quelques jours.

Quelque 20 000 personnes se sont de nouveau rassemblées jeudi dernier dans un stade de la capitale pour apporter leur soutien aux militaires au pouvoir et dénoncer la France. Vendredi, les autorités du CNSP ont décidé de retirer leur agrément à l’ambassadeur de Paris à Niamey, sommé de « quitter le territoire sous quarante-huit heures (48h). » Un délai qui arrive à expiration ce lundi, et auquel le Quai d’Orsay a répondu par un refus catégorique. 

Victoria Sedji

Le Président de la Commission de la CEDEAO s’adresse à la presse internationale sur la situation politique au Niger | Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) (ecowas.int)

La CEDEAO va explorer pleinement la voie diplomatique pour résoudre la crise politique au Niger | Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) (ecowas.int)


 
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