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Faire des médinas comoriennes un levier de développement, un défi après l’inscription à l’Unesco

Faire des médinas comoriennes un levier de développement, un défi après l’inscription à l’Unesco
  • Date de création: 28 juillet 2026 18:02

(Agence Ecofin) - Près de 1 200 biens sont inscrits aujourd’hui au patrimoine de l’Unesco depuis 1975, année de l’entrée en vigueur de la Convention de la protection du patrimoine mondial, culturel et naturel.

Les Comores enregistrent leur première inscription au patrimoine mondial de l’Unesco. Samedi 25 juillet, les six médinas historiques de l’archipel ont officiellement rejoint la liste, marquant une étape majeure pour la préservation et la reconnaissance de son patrimoine culturel.

La décision a été entérinée à Busan, en Corée du Sud, lors de la 48e session du Comité du patrimoine mondial. Une délégation comorienne, conduite par le président de l’Union, Azali Assoumani, a pris part à cette rencontre internationale.

Cette reconnaissance mondiale souligne l’importance de préserver un héritage urbain séculaire désormais inscrit dans la mémoire universelle et d’en faire des leviers de développement économique.

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Sauvegarder des sites fragilisés

« Ce classement n’est pas une ligne d’arrivée, mais un point de départ », a déclaré Saïd Mohamed Ali Saïd, ministre comorien de la Culture à cette occasion, ajoutant avec fierté : « Ces médinas ne sont pas de simples sites historiques pour nous. Ce sont des villes vivantes, où l’on continue de prier, de commercer et de célébrer les grands moments de la vie exactement comme le faisaient nos aïeux ».

La préservation des médinas passe cependant par la sauvegarde du patrimoine existant. Cette action suppose des mesures pour répondre à l’insuffisance des financements, aux pressions climatiques et démographiques, ainsi qu’à la nécessité d’impliquer les communautés locales… Les défis restent nombreux.  

L’Unesco alerte sur l’état de conservation des sites et exprime l’urgence de la situation, soulignant que les biens culturels et naturels subissent des menaces croissantes et sont exposés aux phénomènes d’altération et de destruction. Sans une préservation réussie, il est impossible de mettre en valeur ces attractions touristiques.

Faire du tourisme un moteur de développement

L’accession au patrimoine de l’institution onusienne offre aux Comores une visibilité nouvelle et intervient dans un contexte plus large. Elle intègre, entre autres, les ambitions du projet « Créer un écosystème patrimonial durable pour le développement socio-économique en Afrique », financé par le Royaume d’Arabie saoudite et prenant en compte les Petits États insulaires en développement (PEID), dont les Comores.

Le projet s’inscrit dans la « Stratégie pour le patrimoine mondial en Afrique (2022-2029) ». Il repose sur l’idée que le patrimoine ne doit pas seulement être protégé, mais aussi contribuer au développement local en créant des emplois et des opportunités dans des secteurs tels que le tourisme durable, l’écotourisme, l’artisanat, les industries culturelles et créatives ainsi que les services liés au patrimoine.

Par ailleurs, les sites bénéficiaient déjà d’autres apports financiers, selon le rapport de la Banque mondiale « Mémorandum économique de l’Union des Comores – Stimuler la croissance pour de plus grandes opportunités », paru en septembre 2023. Le document précise que les investissements dans les sites touristiques de cet archipel de l’océan Indien sont principalement financés par des projets soutenus par des partenaires techniques et financiers, tels que la Banque mondiale, la Banque africaine de développement (BAD) et l’Agence française de développement (AFD), plutôt que par une ligne budgétaire spécifique de l’État.

Bien que l’Office national du tourisme dispose de ressources provenant des taxes, des redevances hôtelières, des subventions publiques et de l’exploitation de certains sites, il n’existerait pas de budget entièrement consacré à la restauration des sites touristiques.

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Les six médinas inscrites

Les six médinas inscrites abritent encore de nombreux bâtiments dégradés, exposés à l’usure du temps et au climat marin. Quatre d’entre elles se situent sur l’île de Grande Comore et deux sur l’île d’Anjouan.

Ces joyaux reflètent la diversité historique et architecturale de l’archipel. Sur l’île de Grande Comore, Moroni se distingue par sa Mosquée du Vendredi et son minaret vert dominant le port, Itsandra incarne le berceau de la civilisation swahilie avec ses fortifications, Iconi conserve le tombeau du prince Saïd Ibrahim et Mitsamiouli rappelle son passé de port marchand avec ses ruelles pavées et maisons sculptées.

Sur l’île d’Anjouan, Mutsamudu séduit par ses portes en bois et ses ruelles étroites héritées du XVIIe siècle, tandis que Domoni, ancienne capitale des sultanats, témoigne de la grandeur passée avec ses palais et mosquées du XIVe siècle. Ensemble, ces médinas illustrent un patrimoine urbain séculaire, riche en mémoire et en identité culturelle.

Ubrick F. Quenum

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12/05/2025 : L’Unesco alerte : le patrimoine africain doit être préservé sans délai !

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