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Mozambique : les amendes télécoms financent désormais l’inclusion numérique

Mozambique : les amendes télécoms financent désormais l’inclusion numérique
  • Date de création: 26 août 2026 13:58

(Agence Ecofin) - Comme de nombreux pays africains, le Mozambique veut généraliser l’accès aux services télécom dans le cadre de la transformation numérique en cours. Selon l’UIT, près de 80 % des Mozambicains n’utilisaient pas Internet en 2024.

Au Mozambique, les amendes réglementaires infligées aux opérateurs de télécommunications peuvent désormais être converties en obligations de service universel. Cette mesure doit contribuer aux efforts des autorités pour élargir l’accès aux services de télécommunications sur l’ensemble du territoire.

Cette disposition est prévue par le nouveau Règlement sur l’octroi de licences de télécommunications et de ressources rares. Adopté par décret en juillet 2026, le texte est désormais en vigueur, selon un communiqué de l’Autorité de régulation des communications (INCM) publié le vendredi 21 août.

Une nouvelle source de financement pour le service universel

Le dispositif peut apporter une source supplémentaire de financement au service universel, auquel les opérateurs contribuent déjà. Il permet à l’Autorité de régulation, dans certaines situations, de convertir le montant d’une amende en obligation d’universalisation et de l’affecter à des actions destinées à améliorer l’accès aux services de télécommunications.

Les sanctions réglementaires interviennent généralement lorsque les opérateurs ne respectent pas les obligations prévues par leurs cahiers des charges, comme celles relatives à la couverture et à la qualité de service. Ces obligations définissent les zones dans lesquelles chaque opérateur doit déployer ses infrastructures et assurer ses services. Leur non‑respect peut donc entraîner une amende.

Les zones relevant du service universel sont des territoires où les opérateurs ne sont pas nécessairement soumis à une obligation directe de déploiement, mais où l’accès aux services doit malgré tout être assuré. Le mécanisme de service universel permet de financer cette desserte, notamment grâce aux contributions des opérateurs. La conversion d’une amende en obligation d’universalisation pourrait ainsi renforcer les moyens consacrés à ces zones.

Un nouvel effort en faveur de la réduction de la fracture numérique

Cette initiative intervient dans un contexte où les autorités multiplient les efforts pour renforcer l’inclusion numérique dans le pays. Le ministre des Communications et de la Transformation numérique, Américo Muchanga, a récemment indiqué que son département prévoyait de connecter 300 localités au cours des prochaines années.

En avril 2026, l’INCM a lancé la phase pilote du service d’itinérance nationale, qui permet aux consommateurs d’utiliser le réseau de n’importe quel opérateur pour accéder aux services de télécommunications.

Le gouvernement mozambicain a également officialisé, en mars 2025, l’initiative « Internet Para Todos », destinée à démocratiser l’accès à Internet d’ici 2030. À terme, l’exécutif ambitionne d’atteindre un taux de pénétration mobile de 80 % et une couverture de 95 % du territoire national, tandis que la disponibilité du réseau devrait atteindre 99 %.

Ces initiatives interviennent alors que l’accès aux TIC reste fortement inégal sur le territoire. Selon l’INCM, il atteint 80 % dans les zones urbaines, contre seulement 20 % dans les zones rurales. Les données de l’Union internationale des télécommunications (UIT) indiquent par ailleurs que les réseaux 2G, 3G, 4G et 5G couvraient respectivement 88 %, 86 %, 84 % et 10 % de la population en 2024. La Banque mondiale estime que 61 % des Mozambicains vivaient en milieu rural la même année.

En matière d’adoption, 79,9 % de la population possédait un téléphone mobile en 2024, selon l’UIT. Le taux de pénétration d’Internet était quant à lui estimé à 20,5 %. Ces écarts entre couverture, possession d’un téléphone et utilisation d’Internet montrent que l’extension des réseaux ne suffit pas à elle seule à garantir l’accès effectif aux services numériques.

Isaac K. Kassouwi

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18/08/2026 - Inclusion numérique : le Mozambique veut connecter 300 localités aux services télécoms

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