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Agrumes : l’Inde assouplit les exigences phytosanitaires pour l’Afrique du Sud

Agrumes : l’Inde assouplit les exigences phytosanitaires pour l’Afrique du Sud
  • Date de création: 26 août 2026 11:22

(Agence Ecofin) - L’Afrique du Sud s’impose depuis 2025 comme le premier exportateur mondial d’agrumes en volume. Alors que les normes phytosanitaires deviennent plus que jamais un enjeu de compétitivité, cette évolution pourrait faciliter la consolidation de sa présence sur le marché asiatique.

Le ministère sud-africain de l’Agriculture a annoncé le 19 août que l’Inde a officiellement autorisé le traitement par le froid en transit pour les agrumes frais (oranges, mandarines, citrons, limes et pamplemousses) expédiés depuis le pays d’Afrique australe. La mesure entrée en vigueur le 29 juillet, marque la fin de près de dix années de pourparlers entre Pretoria et New Delhi sur la question.

Concrètement, les exportateurs sud-africains peuvent désormais effectuer le traitement par le froid pendant le transport des cargaisons vers l’Inde. Cette évolution constitue un assouplissement des modalités de conformité phytosanitaire. L’Inde exigeait en effet depuis 2016 que ce traitement, dont l’objectif est de lutter contre des ravageurs comme la mouche des fruits, soit réalisé au moyen de bromure de méthyle ou d’un traitement par le froid à terre avant l’exportation des agrumes sud-africains.

Qu’est-ce que cela change pour la filière ?

Selon les autorités, le traitement par le froid en transit offre davantage de flexibilité aux opérateurs et devrait permettre de faciliter la gestion logistique et accroître les expéditions vers le marché indien. « Les cargaisons pourront désormais être traitées pendant leur transport et arriver à destination dans les délais, tout en préservant leur qualité. Cette évolution devrait également soutenir la croissance de la filière sud-africaine des agrumes, notamment à travers l’augmentation des volumes exportés, la diversification des marchés et la création d’emplois », explique le ministère sud-africain de l’Agriculture dans un communiqué.

L’enjeu est d’autant plus stratégique que le marché indien gagne rapidement en importance pour les exportateurs sud-africains. Les données compilées sur la plateforme Trade Map montrent par exemple que les achats indiens d’agrumes en provenance d’Afrique du Sud ont presque triplé en l’espace de cinq ans, passant de 24 000 tonnes en 2021 à près de 71 000 tonnes en 2025. Sur la période considérée, les recettes générées sur le marché asiatique ont également triplé pour s’établir à 54 millions $ en 2025.

Un contraste avec un marché mondial de plus en plus exigeant

Globalement, l’assouplissement obtenu en Inde offre à l’Afrique du Sud une évolution réglementaire favorable, alors que certains de ses marchés traditionnels deviennent plus exigeants.

En juillet dernier, la Citrus Growers’ Association (CGA) alertait sur le projet d’alignement des normes sanitaires et phytosanitaires entre le Royaume-Uni et l’Union européenne. Depuis le Brexit, le marché britannique offrait aux exportateurs sud-africains un cadre relativement plus souple que celui de l’UE. Or Londres et Bruxelles travaillent depuis 2025 à une convergence réglementaire sur les produits végétaux, les animaux, les denrées alimentaires et les aliments pour animaux, avec une entrée en vigueur attendue à partir de mi-2027.

Pour la filière sud-africaine, ce rapprochement fait craindre la disparition de l’« exception britannique » et l’extension de normes européennes plus strictes aux agrumes expédiés vers le Royaume-Uni. Ceci alors que l’Afrique du Sud est déjà en conflit avec Bruxelles sur des divergences liées à plusieurs points phytosanitaires qui rendent les expéditions vers le bloc économique plus couteuses.

Depuis 2022, l’UE impose notamment un traitement par le froid pour limiter le risque lié au faux carpocapse, avec des températures très basses et des durées de traitement longues, ce qui oblige les exportateurs à investir dans des capacités supplémentaires de refroidissement, de contrôle et de stockage. Pretoria conteste aussi les règles européennes concernant la tache noire des agrumes, une maladie fongique qui entraîne des inspections renforcées, des programmes de pulvérisation couteux et davantage d’incertitude pour les cargaisons.

Dans ce contexte, l’assouplissement obtenu en Inde offre aux exportateurs sud-africains une marge de manœuvre supplémentaire pour diversifier leurs débouchés et soutenir leurs ambitions à l’export. Rappelons que la CGA souhaite porter les exportations d’agrumes du pays à 3,9 millions de tonnes par an d’ici 2032, contre 3,23 millions de tonnes en 2025.

Stéphanas Assocle

Édité par Wilfried ASSOGBA

Lire aussi:

06/08/2026 : Afrique du Sud : la filière agrumes ajuste ses ambitions à la baisse pour 2026

23/07/2026 : Agrumes : pourquoi l’alignement phytosanitaire UE/Royaume-Uni inquiète l’Afrique du Sud

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