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Éthiopie : 4,7 millions $ de la BEI pour assurer les agriculteurs contre les risques climatiques

Éthiopie : 4,7 millions $ de la BEI pour assurer les agriculteurs contre les risques climatiques
  • Date de création: 26 août 2026 10:54

(Agence Ecofin) - L’agriculture emploie 64 % de la population active en Éthiopie et contribue à 32 % du PIB. Pourtant, l’accès des petits exploitants aux services financiers et à l’assurance agricole demeure limité. Le nouveau financement vise à développer des produits de microassurance adaptés aux risques climatiques.

L’Éthiopie recevra 4 millions d’euros (soit 4,7 millions $) de la Banque européenne d’investissement (BEI), par l’intermédiaire de sa branche de développement BEI Global.

Selon un communiqué publié le mardi 25 août, ce financement servira à développer et à déployer des produits d’assurance contre les risques climatiques adaptés aux petits exploitants agricoles. Il contribuera également à renforcer la sécurité alimentaire et l’accès au financement rural, tout en réduisant les risques associés aux portefeuilles agricoles des institutions financières rurales.

Cette opération devrait permettre à environ 210 000 petits exploitants agricoles de bénéficier de produits de microassurance adaptés, destinés à les protéger contre les pertes de récoltes ou de bétail dues à des conditions météorologiques défavorables.

Pour Gelsomina Vigliotti, vice-présidente de la BEI, « en combinant assurance, crédit et renforcement des capacités, cette initiative renforcera la résilience, soutiendra la sécurité alimentaire et créera des opportunités économiques plus durables pour les communautés rurales ».

Le Programme alimentaire mondial (PAM) mobilisera son expertise en matière de financement rural et de programmes de résilience climatique en Éthiopie afin de concevoir et d’expérimenter un système de microassurance indicielle, développé conjointement avec des compagnies d’assurance privées.

Un secteur encore faiblement assuré et sous-financé

Le secteur agricole est un pilier essentiel de l’économie éthiopienne. Il contribue à 32 % du PIB, emploie 64 % de la population active et représente 79 % des exportations, selon les données du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD). Cependant, il se heurte à de nombreux obstacles, dont une forte dépendance à l’agriculture pluviale et une vulnérabilité élevée aux chocs climatiques, notamment les sécheresses, les inondations et l’irrégularité des précipitations.

À cela s’ajoutent la faible capacité d’investissement des petits exploitants et des PME, ainsi que leur accès limité à des services financiers et d’assurance adaptés. Selon l’institution onusienne, 8 % des prêts bancaires et 18 % des crédits des établissements de microfinance étaient consacrés à ce secteur en 2023-2024.

Par ailleurs, l’accès à l’assurance agricole demeure extrêmement limité. Son taux de pénétration est inférieur à 0,4 %, contre environ 3 % en Afrique subsaharienne et près de 7,4 % au niveau mondial.

Dans ce contexte, la BEI a annoncé une enveloppe de 110 millions d’euros pour la troisième phase du Programme d’intermédiation financière rurale (RUFIP III), mise en œuvre à travers la Development Bank of Ethiopia. Ce programme vise à soutenir la productivité, à améliorer l’accès au financement et à renforcer la résilience des acteurs ruraux face aux chocs climatiques. Les 4 millions d’euros annoncés viendront compléter cette enveloppe.

Lydie Mobio

Edité par M.F. Vahid Codjia

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