Les banques européennes intègrent les risques liés aux entorses réglementaires dans leurs plans d’affaires

  • Date de création: 26 juin 2014 11:23

(Agence Ecofin) - Une étude du cabinet  d’audit et de conseil KPMG publié le 26 juin a fait ressortir que les banques européennes ne craignent plus outre mesure les risques liés aux litiges commerciaux ou réglementaires. « Alors même que les banques continuent de gérer les conséquences d'actions passées (manipulation de certains taux bancaires, recrudescence des litiges commerciaux, infractions à la réglementation...), les contraintes légales et réglementaires sont désormais appréhendées comme des risques inhérents à l'activité bancaire», a déclaré, Marie-Christine Jolys, responsable du département réglementaire banque chez KPMG.

L’étude menée auprès des quinze plus grands établissements européens, dont BNP Paribas, Deutsche Bank et Unicredit, rappelle que la manipulation des taux d'intérêts bancaires Libor, Euribor et Tibor a coûté aux banques 3,1 milliards d'euros en 2012 et 2013. En Grande-Bretagne, les actions portant sur les ventes abusives d'assurances crédit et des produits dérivés à des entreprises de petite taille ont impacté les résultats des banques à hauteur de 27 milliards d'euros sur trois ans.

KPMG souligne, d’autre part, que  la réglementation américaine représente un risque supplémentaire à maitriser pour les banques qui exercent des activités aux Etats-Unis, les infractions s'avérant coûteuses, tant financièrement que dans les modes de fonctionnement imposés par les régulateurs américains.

L'étude relève par ailleurs que les bénéfices des 15 plus grandes banques européennes ont progressé de 4% en 2013 par rapport à 2012, à 43 milliards d'euros, après deux années consécutives de baisse (-33% en 2012 et -27% en 2011).

«L'activité des banques s'oriente vers une normalisation. Si l'année 2013 reste marquée par une faible croissance et des taux d'intérêts bas, la plupart des banques interrogées évoquent une stabilisation des économies à l'automne 2013 et une sortie de la crise financière amorcée en 2014 », indique KPMG.