(Agence Ecofin) - La Cour pénale internationale (CPI) s’apprête à juger les émeutes qui ont suivi les élections présidentielles de 2007 faisant quelques 1200 morts et des centaines de milliers de déplacés. S’étaient alors affrontés Mwai Kibaki, réélu et Raila Odinga autour d’accusation de fraudes et de rivalités ethniques.
Moreno Ocampo, procureur de la CPI a approuvé, la décision des juges de la Cour confirmant les charges retenues contre quatre hauts responsables Kenyans. Lundi 23 janvier, les juges ont en effet confirmé les accusations contre les quatre responsables poursuivis pour crime contre l’humanité.
Les poursuites contre deux autres accusés ont toutefois été abandonnées pour le moment. Les preuves n’étaient pas suffisantes pour inculper Mohammed Hussein Ali, chef de police en 2007 et Henry Kosgey, ancien ministre de l’industrialisation. Face à cette décision, le procureur a déclaré que l’enquête continuerait afin de rassembler d’autres éléments.
La décision de lundi représente un enjeu important d’un point de vue politique. Uhuru Kenyatta, actuellement vice-premier ministre et William Ruto, ancien ministre de l’enseignement supérieur, tous deux candidats aux prochaines élections présidentielles qui devraient se dérouler avant mars 2013, figurent parmi les suspects.
Les réactions internationales sont positives face à l’ouverture prochaine du procès. Liz Evenson, conseillère en justice internationale pour Human Rights Watch a considéré la décision de la cour comme « une très bonne nouvelle pour la justice et pour le Kenya » tout en mettant en garde les tribunaux kenyans contre le risque de nouveaux affrontements. Elle recommande d’ailleurs des poursuites nationales contre les autres responsables de ces exactions.
L’institut de recherche International Crisis Group a, quant à lui, salué la fin de « l’impunité dont ont bénéficié tous les dirigeants de ce pays, habitués aux violences politiques ».
Face à ces accusations, les suspects s’annoncent très coopératifs envers la Cour. «Ma conscience est tranquille, a toujours été tranquille et restera tranquille», a déclaré Uhuru Kenyatta.