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Au Nigeria, l’emploi informel résiste aux réformes éducatives

Au Nigeria, l’emploi informel résiste aux réformes éducatives
  • Date de création: 24 août 2026 16:09

(Agence Ecofin) - Former des techniciens ne suffit pas si l’économie ne crée pas les postes pour les accueillir. C’est le paradoxe que le Nigeria n’a pas encore résolu, malgré des années d’efforts répétés dans la formation professionnelle et l’enseignement technique.

Le gouvernement nigérian accélère la refonte du Conseil national de l’enseignement technique (NBTE). Selon des informations publiées jeudi 20 août par la presse locale, cette réforme, financée par le Fonds fiduciaire pour l’éducation tertiaire (TETFund), s’accompagne d’une évaluation institutionnelle menée par KPMG et prévoit le déploiement de 31 Normes nationales professionnelles afin de moderniser la gouvernance et le système de formation technique du pays.

Abuja entend s’attaquer à un mal profond. Selon le Bureau national des statistiques (NBS), 93 % de la main-d’œuvre travaille dans le secteur informel. Ce niveau, documenté dans le rapport Q2 2024, demeure extrêmement élevé depuis plusieurs années. Il révèle un problème structurel que les initiatives successives n’ont pas encore réglé.

Quand l’informel absorbe même les diplômés

En 2025, le NBTE avait déjà révoqué 136 licences d’institutions jugées non conformes et mis à niveau 46 établissements. Ces décisions témoignent des difficultés continues du système. Pourtant, les indicateurs du marché du travail demeurent inchangés. Le taux d’emploi non déclaré s’établissait à 92,2 % en 2023. Il est passé à 93 % au deuxième trimestre 2024. La tendance est à la hausse.

Pour comprendre cette persistance, il faut regarder au-delà des curricula. Les données du NBS sont claires. Presque tous les travailleurs sans éducation formelle occupent des emplois informels, soit 99 % de la population active. Parmi ceux n’ayant que le niveau primaire, ce taux atteint 97,9 %.

L’informalité ne se limite pas aux non-diplômés. Elle touche aussi les actifs qui ont été formés. Le secteur privé national reste sévèrement contraint. Sur les dix dernières années, le pays a traversé deux récessions, une monnaie affaiblie et une inflation persistante. Or, plus de 3,5 millions de Nigérians entrent chaque année sur le marché du travail. Les emplois formels créés ne suffisent pas à les absorber.

C’est précisément ce que souligne le rapport From Hustle to Decent Work, publié par le Nigerian Economic Summit Group (NESG), qui s’appuie notamment sur des données du NBS, de la Banque mondiale et d’autres organisations internationales. Dans les pays à faible et moyen revenu, l’offre d’emplois formels reste insuffisante. Le cas nigérian illustre cette réalité. Ce ne sont pas les techniciens qui manquent. Ce sont les postes qui font défaut.

Félicien Houindo Lokossou

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30/07/2026 - Au Nigeria, le programme d’emploi RHEI avance avec un dispositif renforcé

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