(Agence Ecofin) - Le Burundi affiche une économie fortement dépendante de l’agriculture, qui représente 39,6 % du PIB et 84 % des emplois, mais dont la productivité reste limitée. Dans ce contexte, le gouvernement cherche à faciliter l’accès au financement pour stimuler les investissements dans le secteur.
Le gouvernement burundais a annoncé la mise en place, via la banque commerciale CRDB Bank Burundi, d’une facilité de crédit de 300 milliards de BIF (100,5 millions $) destinée aux investisseurs engagés dans l’agriculture, l’élevage, la transformation des produits agricoles et d’élevage ainsi que dans d’autres activités à fort impact économique.
Selon le communiqué du ministère des Finances publié le samedi 22 août, cette facilité, proposée à un taux annuel de 5 %, pourra notamment financer l’acquisition de machines agricoles, d’équipements d’élevage et d’autres investissements nécessaires à la réalisation de projets productifs.
« Cette mesure complète la démarche engagée pour permettre aux investisseurs remplissant les conditions requises d’accéder à des terres domaniales destinées à des projets productifs », indique le ministère. Il précise toutefois que l’attribution d’une terre et l’octroi d’un crédit constituent deux procédures distinctes : la première relève du ministère de l’Environnement, de l’Agriculture et de l’Élevage, tandis que les demandes de financement seront traitées par CRDB Bank Burundi.
1/2 Le Gouvernement du Burundi met en place, à travers @CRDBbankBurundi, une facilité de crédit de 300 milliards BIF au taux de 5 % par an pour soutenir les investissements dans l’agriculture, l’élevage, la transformation des produits agricoles et d’élevage ainsi que d’autres… pic.twitter.com/GXQbgG3tAE
— Ministère des Finances Burundi (@FinancesBdi) August 22, 2026
Le mécanisme s’ajoute aux mesures prises ces dernières années pour améliorer les conditions de production, notamment la mise à disposition de semences améliorées et la subvention des engrais. L’exécutif entend ainsi « créer les conditions permettant de produire davantage et à plus grande échelle, de développer la transformation locale, de créer des emplois, de réduire les importations alimentaires et d’accroître les exportations du Burundi ».
Une agriculture centrale, mais confrontée à une faible productivité
L’enjeu est important pour l’économie burundaise. L’agriculture représente 39,6 % du PIB, 84 % des emplois et 95 % de l’offre alimentaire, selon les données du gouvernement. Elle constitue également la principale source de matières premières de l’industrie agroalimentaire. Malgré cette place centrale, le secteur reste confronté à une faible productivité, avec des rendements qui demeurent inférieurs à leur potentiel.
L’accès limité au financement constitue également un frein à l’investissement agricole. D’après le rapport pays 2026 de la Banque africaine de développement (BAD), le crédit intérieur au Burundi s’est établi en moyenne à 30,4 % du PIB entre 2020 et 2024, contre 34,6 % pour l’ensemble de l’Afrique. En 2024, les financements bancaires se concentraient notamment dans le commerce, la construction et l’agriculture.
L’agriculture devrait néanmoins rester l’un des moteurs de l’activité économique à moyen terme. La BAD prévoit une croissance du PIB burundais de 4,3 % en 2026 et de 4,6 % en 2027, soutenue notamment par l’agriculture, les activités minières, la production électrique, le BTP, l’investissement et la consommation.
Le dispositif s’inscrit également dans la Vision Burundi 2040-2060, qui identifie l’agriculture comme un levier majeur de création de richesse. Le gouvernement prévoit notamment de porter à 10 % la part du budget consacrée au secteur agricole, contre 9,4 % en 2022, et d’améliorer les indicateurs de sécurité alimentaire à l’horizon 2040 et 2060.
Charlène N’dimon
Edité par M.F. Vahid Codjia
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