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Anacarde : la Tanzanie attire des capitaux algériens sur le segment de la transformation

Anacarde : la Tanzanie attire des capitaux algériens sur le segment de la transformation
  • Date de création: 24 août 2026 04:11

(Agence Ecofin) - La Tanzanie est le 2ème producteur africain de noix de cajou après la Côte d’Ivoire. Alors que plus de 90 % de la récolte annuelle est encore exporté sous forme brute, Dodoma cherche à transformer localement une part croissante de sa production avec l’appui du secteur privé. 

Anacard’Or Cashew prévoit d’établir trois unités modernes de transformation de noix de cajou en Tanzanie. L’annonce a été faite dans un communiqué publié le 20 août dernier par l’ambassade de Tanzanie à Alger.

Le projet s’aligne sur les ambitions de Dodoma qui cherche à développer ses capacités locales de transformation de la matière première afin de créer davantage de valeur ajoutée dans une filière principalement orientée vers l’exportation. « Le gouvernement entend soutenir les investissements dans la transformation locale de la noix de cajou afin d’augmenter la part des exportations à valeur ajoutée sur le marché mondial et de réduire considérablement les ventes de noix de cajou brutes en coque », peut-on lire dans le communiqué.

Une première unité prévue à Mtwara

Il est prévu que la première unité de transformation annoncée soit installée à Masasi, dans la région de Mtwara. D’après Walid Dib, directeur général de Anacard’Or Cashew, cette initiative sera développée avec un partenaire local à travers la création de la société Kilimanjaro Nuts Limited.

D’après le communiqué, l’entreprise prévoit de préparer des entrepôts à Masasi et de commander les équipements au Vietnam en septembre. Leur arrivée en Tanzanie, avec des experts chargés de former les travailleurs locaux, est attendue à partir de janvier 2027. Pour l’heure, les détails concernant le montant de l’investissement et la capacité de transformation des trois unités ne sont pas encore connus. À terme, elles devraient contribuer à accroître les capacités de transformation de la filière tanzanienne.

Six mois plus tôt en mars dernier, Alfred Francis, directeur général du Conseil tanzanien de l’anacarde (CBT), indiquait à l’Agence Ecofin que Dodoma cherche à attirer davantage d’investisseurs dans la transformation locale de l’anacarde. Le responsable avait alors assuré que le gouvernement voulait créer un environnement favorable aux capitaux privés.

Un retard industriel à combler

L’ambition affichée par le CBT est de parvenir à transformer au moins 60 % de la production nationale de noix de cajou localement d’ici 2030, contre des volumes encore limités actuellement.

En 2025, la Tanzanie aurait en effet transformé environ 20 000 tonnes de noix de cajou, selon les estimations préliminaires du service indépendant de conseil commercial N’kalô. En comparaison la récolte de noix se chiffrait à près de 528 000 tonnes en 2024/2025.

Pour accélérer cette mutation, Dodoma mise sur le développement de parcs agroindustriels. À Maranje, dans la région de Mtwara, un parc dédié à l’anacarde est développé depuis 2023 avec l’appui de la société Arise. L’ambition est d’y installer, à terme, des unités disposant d’une capacité cumulée de transformation de 600 000 tonnes.

L’enjeu d’accélérer sur la transformation avec l’appui du secteur privé est d’autant plus stratégique que la disponibilité de la matière première n’est plus le principal obstacle à la transformation. En Tanzanie la récolte de noix de cajou s’est fortement accrue sur la dernière décennie passant de 155 244 tonnes en 2015/2016 à 617 683 tonnes durant la campagne 2025/2026, selon les données officielles.

Le CBT vise désormais 750 000 tonnes lors de la prochaine campagne, puis 1 million de tonnes d’ici 2030. Le défi pour Dodoma sera donc désormais de faire progresser les capacités industrielles au même rythme que la production.

Globalement, la multiplication des projets industriels sera déterminante pour permettre au pays d’Afrique de l’Est de réduire sa dépendance aux exportations de noix brutes. Reste à voir dans quelle mesure le processus d’investissement engagé par Anacard’Or Cashew peut contribuer à ces objectifs.

Stéphanas Assocle

Édité par Wilfried ASSOGBA

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