(Agence Ecofin) - Les magistrats sénégalais revendiquent de meilleures conditions de vie et de travail et projettent de se constituer en syndicat. Pour Maître Wade, tout ceci n’est qu’une affaire d’argent.
Après avoir observé un mouvement de protestation de quatre jours au début du mois de mai, les magistrats sénégalais ont tenu le 14 mai leur Assemblée générale conclue par un communiqué franc et direct : «Nous condamnons fermement toutes les tentatives d’instrumentalisation, de pression et d’intimidation exercées sur la justice et les magistrats». Ils revendiquent de meilleures conditions de vie et une réelle indépendance, réaffirmant leur « attachement indéfectible au principe de la séparation des pouvoirs». Abdoulaye Ba, président de l’Union des magistrats du Sénégal (UMS) ajoute : « Le Sénégal et la Justice sont à la croisée des chemins. Nous devons avoir une Justice forte et indépendante au service du peuple sénégalais » et annonce leur intention de se transformer en syndicat.
Selon le journal l’As, pour calmer la fronde, Abdoulaye Wade les invitent à patienter, en attendant que pleuvent les nouvelles recettes issues d’une taxation des appels entrants au Sénégal qu’il est en passe de mettre en place avec la société Global Voice. Il leur aurait promis 10 milliards de FCFA. Il faut dire que pour le président Wade, ces revendications ne sont qu’une affaire de sous, pas de gouvernance : «Les juges ne veulent pas s’affranchir de la tutelle de l’exécutif. On peut tout faire pour que le magistrat soit indépendant mais, psychologiquement, les magistrats ne veulent pas être indépendants. Ils sont comme des esclaves. On les libère, ils font 200 mètres et ils reviennent pour dire: je ne sais où aller.» avait-il lâché en novembre dernier lors du 53e congrès de l’Union internationale des magistrats (UIM).