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Gabon : La zone de Nkok, un PPP avec Olam

  • Date de création: 23 janvier 2012 09:22

Entretien avec Gagan Gupta , DG d’OLAM Gabon.

LQ : Qu’est-ce que la zone économique spéciale de Nkok?
Gagan Gupta: La zone économique spéciale de (ZES) de Nkok est un partenariat entre la République gabonaise et le groupe Olam Singapour. Olam détient 60% du capital et le Gabon 40%. La cérémonie de signature est intervenue le 14 août 2010, cela fait donc 16 mois que ce partenariat a été mis en place. Au mois d’octobre 2010. La forêt  couvrait encore le site de la ZES dont la superficie totale est de 1125 ha. Ce projet va se faire en 3 phases. La première phase a une superficie de 393 ha. Si on y ajoute la 2eme phase la superficie totale sera de 732 ha. La première phase, inaugurée en septembre dernier, est répartie en 2 principales zones : une zone industrielle qui regroupe 75% des actions (on y retrouve les principales industries, les unités de services et d’autres infrastructures). Les 25% qui restent représentent la zone non industrielle qui comprend le quartier résidentiel, le secteur commercial et la zone des loisirs.

Nous y développons une activité de scierie. Une compagnie locale qui s’appele CDG va également développer une usine de transformation de la ferraille. Vous avez sur le site d’autres activités : une société s’est positionnée dans la production du ciment, dans le bois (Shainago), la distribution d’essence avec Petro Gabon, le commercial avec M2H, l’immobilier avec SCI Sapa ou la résidence d’accueil SCI Nayah, ou la pâte à papier avec Ellora Papermills.

LQ : Qu’elle est la valeur estimée de ces investissements?
GG : Par rapport aux chiffres avancés par les différents investisseurs, on estime qu’il y aura un investissement de l’ordre de 900 millions dollars par an, sur les 3 prochaines années.

LQ : La production de la ZES est-elle entièrement destinée à l’exportation?
GG : La loi sur la ZES promulguée cette année stipule bien que 75% de la production ira à l’exportation et le solde sera commercialisé sur le territoire national.

LQ : Quels sont les avantages accordés aux investisseurs?
GG : Tous les investisseurs qui vont s’engager dans la transformation des ressources naturelles du pays bénéficient d’avantages sur le plan fiscal et douanier. Sur le plan fiscal ils ont droit à une exonération totale de l’impôt sur les sociétés pendant les 10 premières années, ensuite à une taxe de 10% qui leur sera appliquée pour les 5 prochaines années. Ils bénéficieront d’une exonération totale  sur les droits et taxes douanières dans l’importation des biens et d’équipement et l’exportation des produits manufacturés, ils bénéficieront d’une réduction du prix de l’électricité de l’ordre de 50% par rapport aux prix appliqués à Libreville. Ils bénéficieront du concours de l’Etat pour faciliter le transfert de certains papiers administratifs par la mise en place d’un guichet unique.

LQ : Est-ce que les équipements en logistique d’accompagnement sont en place?
GG : Nous avons confiance. Les besoin en infrastructures du site seront accomplis. La première chose : nous nous sommes attelés à ce que le choix du site tienne compte de son accessibilité. Comme vous le voyez, la route est à 700 mètres d’ici, la zone ZES est située à 12 km de la nationale 1, à 14 km de la gare ferroviaire et à moins de 1 km de l’Jkoy-Komo, la voie fluviale. Pour ce qui concerne l’électricité les besoins de la ZES de Nkok sont estimés à 220 MW. Cette production dépasse celle du Gabon. Pour cela il y a plusieurs projets pour mettre à disposition cette consommation souhaitée. Dans la périphérie de Libreville il y a une centrale électrique de 75 MW déjà disponible, qui viendra  approvisionner en électricité la zone. Sur place nous allons développer une usine dont la capacité de production est de 15 MW, qui utilisera les déchets de bois comme matières première, il y a enfin un autre projet d’électricité dans la zone de Fugamon qui utilisera l’hydraulique pour générer l’électricité.

LQ : Combien d’investisseurs se sont déjà manifestés?
GG : 45 investisseurs ont fait l’acquisition de terrains. Ils proviennent de 6 pays différents. Globalement on pense que 150 entreprises viendront s’installer sur cette zone.

LQ : Quel est le prix du m² de la zone?
GG : Ce n’est pas cher il est cédé à 30 et 40 000 FCFA contrairement  à d’autres zones de Libreville où le m² s’échange entre 100 000 et 150 000 FCFA.

LQ : Quel est le coût des travaux de réalisation de la zone de Nkok ?
GG : D’un coût global de 250 milliards francs, la ZES devrait attirer prés de 500 milliards francs d’investissements et créer 3000 emplois.

Qu’est-ce que la multinationale singapourienne OLAM ?

Gagan Gupta: OLAM est un des leaders mondiaux, qui intervient dans la chaine d’approvisionnement des produits agricole et agroalimentaire. OLAM opère d’une façon intégrée. Elle commercialise plus de 20 produits dans 65 pays et emploie 18 000 personnes. Ses produits sont livrés à plus de 10 000 clients parmi lesquels on trouve des clients très célèbres. OLAM a une forte structure de management avec environ 500 employés déployés à travers le monde. Les produits commercialisés sont répartis en plusieurs catégories. Nous avons des noix, épices, haricots consommables : noix d’acajou, cocalinetes, amendes. Il y a également des aliments de base, des aliments conditionnés. Dans cette catégorie on trouve le cacave ou le café.

Une autre catégorie composée des ingrédients pour boissons, les confiseries. Là aussi nous trouvons des produits comme le riz, sucre, les produits laitiers et les aliments conditionnés. Il y a d’autres catégories de produits qui concernent les matériaux destinés aux industries, il s’agit du coton, de la laine, etc. Il y a aussi les services qui sont vendus par OLAM.

Quelques chiffres par rapport aux performances financières d’OLAM en 2010. Elles ont généré des revenus de 10 milliards de dollars en 2010.

Si nous nous focalisons sur la présence d’OLAM en Afrique, il faut retenir qu’elle est présente dans 28 pays. Le chiffre d’affaires est de 30 millions de dollars, le nombre d’employés 6000. OLAM préfinance des fermiers qui leur fournissent un certain nombre de produits (aliments) à hauteur de 80 millions dollars. Le volume des investissements 2010-2011 s’élève à environ 8 milliards de dollars. Environ 1 million d’ha de terre sont utilisés par ces fermiers pour assurer la production qu’ils commercialisent.

 

Article paru dans le magazine Le Quorum No 1

www.lequorum.com


 
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