Facebook Agence Ecofin Twitter Agence Ecofin LinkedIn Agence Ecofin
Instagram Agence Ecofin Youtube Agence Ecofin Tik Tok Agence Ecofin WhatsApp Agence Ecofin

Ouganda : la Banque centrale met en garde contre une hausse des emprunts publics

Ouganda : la Banque centrale met en garde contre une hausse des emprunts publics
  • Date de création: 22 septembre 2026 17:40

(Agence Ecofin) - L’Ouganda dispose encore d’une marge de manœuvre pour financer ses besoins sur le marché intérieur, mais celle-ci pourrait se réduire si les emprunts publics augmentent davantage que prévu. La Banque d’Ouganda redoute alors une remontée des taux d’intérêt susceptible de renchérir le crédit aux entreprises.

La Banque d’Ouganda a averti qu’un recours accru à la dette intérieure pourrait faire remonter les taux d’intérêt et réduire l’accès des entreprises au crédit au cours de l’exercice 2026/2027. Le Parlement l’a indiqué le lundi 21 septembre.

Pour l’heure, la Banque estime que le marché financier national peut absorber les besoins de l’État, grâce notamment à l’amélioration de la liquidité bancaire, à la baisse des rendements des titres publics et à l’intérêt des investisseurs pour les titres du Trésor.

La Charte prévoit environ 12 700 milliards UGX (3,23 milliards $) de financement intérieur net en 2026/2027, soit 4,6 % du PIB hors pétrole, contre 15 100 milliards UGX lors de l’exercice précédent.

Le risque se poserait en cas de dépassement de cette trajectoire. Une hausse des émissions de titres de dette pourrait faire remonter les taux d’intérêt et renchérir le coût du crédit pour le secteur privé.

« Le risque est que le gouvernement soit tenté de recourir à un emprunt intérieur plus élevé que prévu, ce qui pourrait réduire à néant les gains obtenus en exerçant une pression à la hausse sur les taux d’intérêt et, par conséquent, en évinçant le secteur privé », a averti Michael Atingi-Ego (photo), gouverneur de la Banque centrale ougandaise.

Le crédit au secteur privé a progressé de 16,1 % sur un an en juin 2026, tandis que la Banque d’Ouganda prévoit une croissance moyenne de 13 % du crédit au secteur privé en 2026/2027. Elle estime que les taux pourraient continuer à baisser si l’assainissement budgétaire se poursuit, mais qu’un dérapage des dépenses ou des recettes pourrait alimenter l’inflation.

Une dette déjà sous surveillance

Cette prudence intervient dans un contexte de pression accrue sur les finances publiques. Le « Budget Framework Paper 2026/2027 » indique que la dette publique avait atteint 116 200 milliards UGX en juin 2025, soit environ 51 % du PIB, dépassant le plafond de 50 % fixé par la Charte.

Le document indiquait également que les paiements d’intérêts représentaient 26,2 % des recettes en 2024/2025 et pourraient atteindre 30,2 % en 2026/2027.

Le Parlement a ensuite approuvé un budget de 84 300 milliards UGX pour 2026/2027, dont près de 12 000 milliards de financement par emprunt intérieur. Le service de la dette devrait atteindre environ 33 400 milliards.

La gestion des recettes pétrolières constitue enfin un autre point de vigilance. La Banque d’Ouganda précise que les ressources placées dans la réserve d’investissement resteront des actifs de l’État. Leur impact sur la liquidité dépendra notamment de leur transfert au Fonds consolidé, puis de leur utilisation dans l’économie.

Carelle Yourann (stagiaire)

Sur le même thème
Au-delà des 46,95 milliards de nairas, soit environ 35,4 millions $, déjà mobilisés, le dispositif public de garantie de prêts veut surtout lever l’un des...
A deux jours du lancement officiel de sa future raffinerie de Lamu, Aliko Dangote se heurte à un premier obstacle judiciaire. Un tribunal kényan...
Après un premier concours de 10 millions $ à NMB Bank en 2024, l’institution britannique élargit son dispositif au Zimbabwe avec un nouveau financement destiné...
Après avoir marqué le pas en 2025, les crédits à la clientèle de la SIB repartent à la hausse au premier semestre 2026. Cette...