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Minerais critiques : le Malawi veut lancer un plan de 5 milliards $ pour convertir son potentiel

Minerais critiques : le Malawi veut lancer un plan de 5 milliards $ pour convertir son potentiel
  • Date de création: 22 septembre 2026 14:02

(Agence Ecofin) - Portée par les initiatives des grandes puissances pour sécuriser leurs approvisionnements, la dynamique autour des minerais critiques gagne du terrain en Afrique. De quoi nourrir les ambitions des pays désireux de valoriser leurs ressources au service de leur développement économique.

Lundi 21 septembre, le ministre des Mines du Malawi, Thoko Tembo, s’est entretenu avec une délégation de la Banque mondiale sur les perspectives de développement de la filière des minerais critiques du pays. La rencontre s’inscrivait dans le cadre du lancement prévu de l’« Energy Transition Minerals Roadmap », une feuille de route élaborée avec l’institution de Bretton Woods et destinée à mieux valoriser le potentiel malawite, avec environ 5 milliards USD d’investissements nécessaires à sa mise en œuvre.

Pays enclavé d’Afrique australe où environ 51,5 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, selon la Banque africaine de développement, le Malawi entend faire des minerais critiques un pilier de sa transformation économique. Plusieurs projets nourrissent déjà cette ambition, dont les futures mines de terres rares de Kangankunde (Lindian Resources) et Songwe Hill (Mkango Resources), ainsi que Kasiya (Sovereign Metals), qui doit produire du graphite, du rutile et des terres rares. Mais pour la Banque mondiale, la valorisation de ce potentiel ne se limite pas à l’exploitation des gisements.

C’est cette approche que porte la feuille de route, publiée en avril dernier. Elle estime que les projets de minerais critiques pourraient contribuer à générer plus de 30 milliards USD d’exportations entre 2026 et 2040, soit plus du double des exportations actuelles du pays. Pour concrétiser ce potentiel, le Malawi devra toutefois améliorer son cadre d’investissement minier, renforcer ses capacités énergétiques et logistiques, mieux capter les recettes publiques et développer la transformation locale, tout en renforçant les compétences et emplois locaux ainsi que les dispositifs sociaux et environnementaux.

L’objectif est ainsi de créer un environnement propice à la mise en œuvre des projets et permettre à l’économie malawite d’en tirer davantage de bénéfices. L’enjeu est notamment illustré sur le volet énergétique. La Banque mondiale estime que les activités minières pourraient nécessiter environ 120 MW supplémentaires d’ici 2032, alors que les besoins d’investissement dans le secteur se chiffrent en milliards de dollars et que seuls 530 millions USD étaient sécurisés à la publication de la feuille de route.

Si son lancement traduit la volonté des autorités de donner suite à ses recommandations, les modalités de mise en œuvre restent encore à préciser. Le gouvernement n’a pas encore indiqué de calendrier détaillé à cet effet. La capacité du Malawi à mobiliser les investisseurs constituera également un point clé, près de 80 % des investissements nécessaires à la mise en œuvre de la feuille de route étant attendus du secteur privé.

Aurel Sèdjro Houenou

Édité par Wilfried ASSOGBA

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