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Le Mozambique reprend la main sur la centrale à gaz de Temane

Le Mozambique reprend la main sur la centrale à gaz de Temane
  • Date de création: 21 septembre 2026 19:47

(Agence Ecofin) - Lancée en 2022, la centrale à gaz de Temane n’est toujours pas achevée. Le Mozambique attend encore cette capacité de production stratégique, sans cesse repoussée par des obstacles qui se sont accumulés.

Après quatre ans de chantier, trois dates de mise en service ratées et deux contractants successifs, le Mozambique va intervenir concernant la centrale thermique de Temane (CTT). Le pays a approuvé un plan de sauvetage de l’installation à gaz naturel de 652,3 millions de dollars en cours de développement dans la province d’Inhambane, a rapporté l’Agência de Informação de Moçambique (AIM) jeudi 17 septembre.

La résolution présentée par le porte-parole du gouvernement Salim Valá à l’issue de la 27ème session ordinaire du Conseil des ministres, autorise la mobilisation de ressources supplémentaires pour relancer et achever le chantier bloqué à 80 % d’avancement. Les montants engagés, les concessions accordées au consortium privé et le nouveau calendrier de mise en service n’ont pas été rendus publics à ce stade.

La CTT est développée par un consortium associant le britannique Globeleq, l’opérateur public Electricidade de Moçambique (EDM) et le sud-africain Sasol. Le projet bénéficie du soutien de bailleurs internationaux, dont l’International Finance Corporation (IFC), l’US International Development Finance Corporation (DFC) et l’OPEC Fund for International Development, pour un total de près de 500 millions de dollars de dette.

Une fois opérationnelle, la centrale approvisionnera EDM pendant 25 ans via un accord de fourniture conclu lors de la clôture financière du projet en décembre 2021, indiquaient alors conjointement Globeleq, EDM et Sasol. Le gaz sera fourni par les champs de Pande et Temane, exploités par Sasol et l’Empresa Nacional de Hidrocarbonetos (ENH), la compagnie nationale d’hydrocarbures.

Un deuxième contractant turc, des inconnues qui persistent

Deux facteurs ont paralysé le projet. Le cyclone Filipo qui a frappé Inhambane en mars 2024, a détruit deux turbines Siemens SGT-800. Leur remplacement exige la fabrication de nouvelles unités en Allemagne, un processus que le président Daniel Chapo a estimé à environ deux ans lors d’une conférence de presse tenue en avril 2025 à Inhambane. Parallèlement, un différend avec l’entreprise espagnole TSK, titulaire du contrat de conception-fourniture-construction, a conduit à la résiliation en décembre 2024 et à l’abandon du chantier, confirmait CTT dans un communiqué en avril 2025.

Pour débloquer la situation, CTT a signé en décembre 2025 un nouveau contrat de 158,5 millions de dollars avec le groupe turc ENKA. L’entreprise s’est engagée à livrer les travaux en 23 mois à compter de la signature du contrat, ce qui place la mise en service commerciale au plus tôt en novembre 2027. Ce délai ne tient toutefois pas compte de la fabrication des turbines de remplacement, dont le calendrier reste inconnu.

Le retard de la CTT pèse au-delà de la seule production d’électricité. La ligne haute tension Temane-Maputo, longue de 563 kilomètres, ne peut entrer en service qu’après la centrale. Le contrat de partage de production gazier entre le gouvernement, ENH et Sasol subit lui aussi les conséquences de l’incapacité à valoriser pleinement le gaz destiné à la génération électrique. Un accord d’exportation de 100 MW vers le Botswana, signé en 2022, reste suspendu.

Après une chute de 25 % de sa production électrique en 2025 due à une sécheresse historique au barrage de Cahora Bassa sur le Zambèze, le Mozambique a amorcé un redressement au premier semestre 2026, avec une hausse de 8,8 % à 8,06 millions de mégawattheures (MWh), selon des données d’exécution budgétaire du gouvernement publiées ce mois.

La centrale de Temane vise à offrir au Mozambique une alternative au tout-hydroélectrique, qui représentait plus de 70 % de la capacité installée du pays en 2024, d’après les données d’Enerdata.

Abdel-Latif Boureima

Édité par Wilfried ASSOGBA 

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