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Sénégal : 77 % des centres d’état civil numérisés, des défis restent à régler

Sénégal : 77 % des centres d’état civil numérisés, des défis restent à régler
  • Date de création: 21 septembre 2026 18:52

(Agence Ecofin) - Le Sénégal fait évoluer son système d’état civil vers une architecture où les informations enregistrées localement peuvent être centralisées et partagées avec d’autres services publics. Une mutation qui touche à la fois l’accès aux documents, la gestion des données et leur sécurisation.

Le Sénégal a numérisé 77 % de ses 629 centres d’état civil, selon les dernières données communiquées en septembre par le directeur général de l’Agence nationale de l’état civil (ANEC) Matar Ndao. La progression du chantier s’accompagne déjà de nouveaux services permettant aux citoyens de demander certains documents à distance, mais la fiabilisation des archives et la lutte contre la fraude documentaire restent parmi les principaux défis à résoudre.

La transformation repose notamment sur le déploiement du Logiciel de gestion de l’état civil et de la plateforme « Sama État civil ». Celle-ci permet aux usagers d’effectuer en ligne des demandes d’actes de naissance, de mariage ou de décès, avant leur retrait auprès du centre concerné. En août, la plateforme était opérationnelle dans 189 communes et le logiciel de gestion avait été déployé dans 74 % des centres. L’ANEC prévoit désormais d’étendre le dispositif aux autres régions du pays.

La numérisation ne concerne toutefois pas uniquement la délivrance des documents. L’ANEC travaille également à interconnecter l’état civil avec d’autres administrations et services publics. Dans les structures de santé, un logiciel de pré-déclaration permettra notamment de faciliter la remontée des informations relatives aux naissances et aux décès. Cette interconnexion vise à constituer des données plus complètes et cohérentes, alors que l’état civil constitue une base importante pour l’identification des personnes et la planification des politiques publiques.

La sécurité des données reste un chantier

Le passage au numérique doit également répondre aux faiblesses de l’ancien système, notamment en matière de conservation des documents et de falsification des actes. En mai, le gouvernement avait demandé l’élaboration d’un plan d’urgence pour renforcer la gestion de l’état civil, avec un accent particulier sur la numérisation intégrale, la fiabilité des documents et la conservation sécurisée des registres et archives.

L’ANEC affirme avoir renforcé les contrôles sur les actes numérisés et prévoit une vérification de leur authenticité. Les données sont par ailleurs hébergées au Sénégal sur plusieurs sites appartenant à l’État. L’agence avait expliqué en février que la sécurisation et la traçabilité des informations étaient devenues prioritaires avec la numérisation massive des actes, afin de limiter les risques de perte, de manipulation ou de cyberattaque.

L’extension continue du dispositif pose désormais la question du renforcement des capacités des agents municipaux sur le terrain.

Samira Njoya

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