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Maroc : après 5 ans de forages, Predator prépare un test décisif à Guercif

Maroc : après 5 ans de forages, Predator prépare un test décisif à Guercif
  • Date de création: 21 septembre 2026 09:57

(Agence Ecofin) - Predator Oil & Gas cherche à confirmer la viabilité commerciale de la licence de Guercif dont elle détient 75 % d’intérêt. Plusieurs forages confirmant le potentiel gazier de ce périmètre de 7269 km² ont été réalisés, sans y parvenir jusqu’ici.

La société britannique Predator Oil & Gas est sur le point de lancer son sixième forage à Guercif, dans le nord-est du Maroc. Un forage qui pourrait enfin confirmer si ce bassin gazier exploré depuis 2021, est capable de produire du gaz en quantité commerciale pour l’industrie marocaine, a rapporté La Relève dimanche 20 septembre.

L’appareil de forage a été transféré ce dimanche sur le site du nouveau puits, baptisé MOU-6. Les instruments d’analyse géologique sont arrivés sur place pour la calibration. Le démarrage des opérations est imminent, mais la fenêtre est étroite, car le contrat avec le prestataire de forage, la société Intrepid Drilling Limited, expire le 1ᵉʳ octobre prochain, a précisé la société dans une annonce réglementaire publiée fin juillet à la Bourse de Londres.

Depuis 2021, Predator a creusé cinq puits sur son permis de Guercif, qu’elle opère aux côtés de l’Office National des Hydrocarbures et des Mines (ONHYM) du Maroc qui détient 25 % du projet. Comme rapporté par Agence Ecofin, chaque forage a confirmé la présence de gaz, mais aucun n’a suffi à assurer une production commerciale. MOU-6 cible les mêmes couches géologiques que les puits précédents, à 950 mètres de profondeur, avec une conception technique révisée pour éviter les problèmes rencontrés auparavant.

Un projet en retard sur le calendrier

Le forage aurait dû commencer fin 2025. Mais des reports qui tiennent à des contraintes techniques et financières propres à la société, renforcées par le conflit aux Moyen-Orient, qui a bloqué le détroit d’Ormuz et désorganisé l’acheminement des équipements, ont aggravé les difficultés logistiques et repoussé davantage le calendrier. La société a explicitement cité ce conflit comme facteur de retard lors de ses communications aux investisseurs.

Par ailleurs, une deadline réglementaire supplémentaire pèse sur le calendrier. Predator a indiqué devoir justifier sa situation financière auprès des autorités marocaines avant le 30 septembre. Une étape essentielle pour obtenir d’elles, le renouvellement de son droit d’opérer la licence de Guercif dont la durée validité court jusqu’au 5 novembre.

En cas de succès, ce sixième puits pourrait débloquer environ 2,7 milliards de mètres cubes de gaz supplémentaires, d’après un rapport technique indépendant publié en juin par le cabinet Scorpion Geoscience Limited pour le compte de Predator.

Le gaz serait d’abord vendu comprimé aux industriels marocains, une filière qui consiste à stocker le gaz sous haute pression pour le transporter par camion jusqu’aux usines, sans réseau de pipelines. Ce modèle est déjà utilisé dans le bassin du Gharb, où une production modeste de gaz biogénique est livrée aux industriels de Kénitra, a rapporté Médias24 en mai 2025.

À terme, Scorpion Geoscience envisage un raccordement au gazoduc Maghreb-Europe, qui passe à proximité du site, pour écouler des volumes plus importants vers le marché régional. Ces perspectives restent conditionnées aux résultats du forage. Pour le Maroc qui importe aujourd’hui la quasi-totalité du gaz qu’il consomme, Guercif que Predator a un temps envisagé de vendre, s’inscrit dans une quête d’approvisionnement domestique que le royaume tente de construire depuis des années.

Abdel-Latif Boureima

Édité par Wilfried ASSOGBA

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04/05/2026 : Maroc : après avoir envisagé de vendre, Predator mise toujours sur le gaz de Guercif

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