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Égypte : 658 millions $ pour transformer le phosphate en moteur d'exportations

Égypte : 658 millions $ pour transformer le phosphate en moteur d'exportations
  • Date de création: 21 août 2026 17:07

(Agence Ecofin) - 3e détenteur mondial de réserves de phosphate, l'Égypte veut accélérer la transformation locale de cette ressource. Le nouveau complexe permettra de produire de l'acide phosphorique, un produit intermédiaire à forte valeur ajoutée, principalement utilisé dans la fabrication d'engrais phosphatés.

L’Égypte a posé, mercredi 19 août, la première pierre d'un complexe de production d’acide phosphorique à partir de phosphate brut extrait localement, pour un investissement de 658 millions de dollars.

Un projet industriel tourné vers les marchés internationaux

Implantée sur le plateau minier d’Abu Tartour, dans la région du désert occidental, l’initiative est porté par plusieurs entreprises publiques égyptiennes, dont Phosphate Misr, Abu Qir Fertilizers and Chemical Industries Company et Helwan Fertilizers Company. Il bénéficiera aussi de la participation des institutions financières locales comme la firme d’investissement Al Ahly Capital Holding et National Investment Bank.

L’ingénierie et la construction de l’usine ont été confiés aux entreprises chinoises de BTP China State Construction Engineering Corporation (CSCEC) et East China Engineering Science and Technology Co (ECEC). Les travaux s'échelonneront sur une durée de 30 mois.

Dans sa première phase, l’usine affichera une capacité annuelle de 250 000 tonnes d’acide phosphorique commercial à haute concentration, un composant stratégique pour l’industrie mondiale des engrais phosphatés.

La production sera principalement acheminée vers les marchés internationaux via le port de Safaga, sur la mer Rouge. Le modèle vise à générer des rentrées de devises étrangères indispensables à la stabilisation macroéconomique de l’Égypte. Sur le plan socio-économique, le complexe d’acide phosphorique devrait créer plus de 3 000 emplois directs et indirects, dynamisant ainsi l'économie locale du désert occidental égyptien.

Des réserves abondantes au service de l'industrie en aval

Présent lors de la cérémonie de pose de la première pierre de l’usine, le ministre égyptien du Pétrole et des Ressources minérales, Karim Badawi, a décrit cette installation industrielle comme l’un des principaux projets industriels visant à maximiser la valeur de la roche phosphatée égyptienne. « Ce projet reflète la stratégie du gouvernement, qui consiste à passer de l’exportation ou de l’utilisation de minerais bruts à l’établissement d’industries en aval produisant des produits à plus forte valeur ajoutée, soutenant les exportations et générant des devises étrangères », a-t-il déclaré.

Pour rappel, plusieurs autres initiatives de valorisation du phosphate ont été annoncés ces derniers mois en Égypte dans le cadre de partenariats entre des entreprises locales et des acteurs étrangers. Le conglomérat indonésien Indorama Corporation s’est ainsi allié, en avril dernier, à Phosphate Misr pour lancer un complexe industriel intégré d’engrais phosphatés et de produits chimiques. Le groupe chinois Kunming Chuan Jin Nuo Chemical a signé, en novembre 2025, un accord avec la société égyptienne El Sewedy Industrial Development pour construire une usine chimique dédiée à la fabrication d'acide phosphorique et d'engrais de types phosphate diammonique (DAP) et triple superphosphate (TSP) dans le cadre d’un investissement d’un milliard de dollars.

Avec des réserves estimées à environ 2,8 milliards de tonnes, l’Égypte occupe le troisième rang dans le classement des pays abritant les plus grandes réserves de phosphate, derrière la Chine et le Maroc, selon l'Institut d'études géologiques des États-Unis (USGS). Sa production a atteint environ 16 millions de tonnes entre juillet 2024 et avril 2025, selon le ministère du Pétrole et des Ressources minérales.

Walid Kéfi

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