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Rail : pourquoi l’Ouganda finance différemment le SGR et ses routes

Rail : pourquoi l’Ouganda finance différemment le SGR et ses routes
  • Date de création: 20 août 2026 11:01

(Agence Ecofin) - Enclavé, l’Ouganda investit simultanément dans ses routes et dans un nouveau réseau ferroviaire pour fluidifier ses échanges avec ses voisins. Le financement de ces différents chantiers constitue un défi pour cet État dont les marges budgétaires restent contraintes.

Le ministre ougandais des Finances, Henry Musasizi, a fait part mercredi 19 août d’une nouvelle demande d’emprunt pouvant atteindre 207,77 millions d’euros pour la modernisation de centaines de km de routes. Cette mobilisation intervient alors que Kampala cherche à finaliser le montage financier de 2,7 milliards d’euros du chemin de fer à écartement standard (SGR) reliant la capitale ougandaise à Malaba, à la frontière kényane.

Face au coût élevé du projet ferroviaire et aux autres besoins d’infrastructures à financer, le gouvernement a choisi de ne pas faire reposer le SGR sur un prêt unique.

Ce choix tient notamment à la situation des finances publiques. Le FMI projette la dette publique brute ougandaise à 55,5 % du PIB pour l’exercice 2026/27 et estime qu’elle pourrait atteindre près de 60 % d’ici 2030/31. Fin juillet, l’institution appelait encore Kampala à renforcer sa consolidation budgétaire afin de réduire ses vulnérabilités et de reconstituer ses marges de manœuvre. Pour boucler ces 2,7 milliards d’euros, Kampala a ainsi retenu un montage associant plusieurs catégories de bailleurs.

Diversifier pour mieux boucler

Le schéma annoncé cette année prévoit 60 % d’emprunts auprès des agences de crédit à l’exportation, 25 % auprès des institutions de financement du développement et 15 % via le premier sukuk souverain du pays. Citibank, sollicité pour les travaux routiers annoncés par le ministre Musasizi, a aussi été mandaté comme arrangeur du financement ferroviaire. Une pièce importante du montage est tombée en juin avec l’approbation par la Banque islamique de développement (BID) d’un financement de 650,75 millions d’euros pour le SGR.

Kampala vise désormais une clôture financière du projet en novembre 2026. Le calendrier est d’autant plus important que les difficultés s’accumulent depuis 2015, tandis que le Kenya accélère de son côté. Les travaux d’extension de son SGR de Naivasha vers Kisumu puis Malaba ont commencé en juillet, rapprochant progressivement le rail moderne de la frontière ougandaise.

Pour le gouvernement ougandais, les prochains mois permettront de mesurer si la diversification des bailleurs suffit à transformer dix années de recherche de financement en chantier ferroviaire à grande échelle et à contenir la dette sans compromettre les autres investissements publics.

Emiliano Tossou

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