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Le Maroc rappelle son ambassadrice à Madrid sur fond de tensions diplomatiques avec l'Espagne

  • Date de création: 20 mai 2021 09:22

(Agence Ecofin) - Depuis l’admission le 18 avril 2021 du leader du Front Polisario, Brahim Ghali, en Espagne pour des soins, les relations entre Rabat et Madrid se sont tendues. Cette situation est compliquée par le déferlement à la frontière espagnole de milliers de migrants en provenance du Maroc depuis le lundi 17 mai.   

Le Maroc a décidé de rappeler son ambassadrice à Madrid, en pleine tensions diplomatiques avec le royaume d’Espagne. C’est ce qu’a annoncé le mardi 18 mai, l’agence de presse marocaine MAP, citant des sources diplomatiques.

Selon les autorités marocaines, « l'ambassadrice a été rappelée pour consultation et rentre incessamment au Maroc ».

Cette décision intervient dans un contexte de brouille diplomatique entre les autorités marocaines et espagnoles concernant notamment le Front Polisario et la gestion migratoire. Rabat reproche en effet, au gouvernement espagnol d’avoir accueilli sur son territoire le chef des indépendantistes sahraouis du Front, Brahim Ghali, qui venait se faire soigner contre la covid-19. Le gouvernement marocain a ainsi exprimé son « exaspération » face à l’aide accordée au leader dissident âgé de 71 ans, tout en exigeant des « explications ».

De son côté, Madrid accuse le royaume chérifien d’avoir laissé des milliers de migrants affluer à sa frontière, via l’enclave de Ceuta. Depuis le lundi 17 mai en effet, on estime que plus de 6000 migrants en provenance du Maroc ont déferlé illégalement sur les côtes espagnoles, un record. Tapant du poing sur la table, les autorités espagnoles avaient convoqué l’ambassadrice Karima Benyaich (photo) pour exprimer leur « mécontentement » estimant que le contrôle aux frontières côté marocain n’a pas été efficace.

« Le contrôle des frontières a été et doit rester de la responsabilité partagée de l'Espagne et du Maroc », a ainsi déclaré la ministre espagnole des Affaires étrangères, Arancha Gonzalez Laya.

Si Madrid hésite à faire un lien clair entre la crise migratoire actuelle et la brouille diplomatique avec le Maroc, il est difficile de ne voir qu’une simple coïncidence entre ce déferlement de migrants et la réaction de Rabat après l’hospitalisation en Espagne de Brahim Ghali.

Le Maroc est un partenaire indispensable de l’Espagne en Afrique, en raison notamment de leur coopération pour juguler la crise migratoire à laquelle est exposé le pays européen, mais également sur le plan de la coopération économique. Les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla situées sur la côte marocaine sont les seules frontières terrestres de l'Union européenne avec l'Afrique, et elles connaissent régulièrement l’assaut des migrants. Selon le ministère espagnol de l’Intérieur, près de 4000 migrants arrivés illégalement à Ceuta ont déjà été renvoyés vers le Maroc.

Suite à cette brouille, la justice espagnole a annoncé la réouverture d’un dossier pour crimes contre l’humanité visant Brahim Ghali soutenu par l’Algérie et qui milite pour l’indépendance du Sahara Occidental que Rabat revendique comme partie intégrante de son territoire.

Moutiou Adjibi Nourou


Moutiou ADJIBI NOUROU
 
COMM

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