(Agence Ecofin) - Estimant que la demande mondiale en caoutchouc naturel évoluera si vite ces 5 prochaines années qu’il faudra accroître d’un million d’hectares les plantations, Olam International a annoncé aujourd’hui un projet de $ 183 millions en association avec le gouvernement gabonais pour développer, dans une première phase, 28000 ha dans la région de Bitam, dans la province du Woleu-Ntem au Nord du pays. Une deuxième phase devrait porter sur 22000 ha supplémentaires afin d’atteindre l’objectif des 50000 ha à terme, ce qui en ferait la plus grande plantation d’hévéas du continent à terme, selon le groupe. L’entreprise conjointe sera détenue à 80% par Olam et 20% par le gouvernement gabonais.
Pour le ministre de la Promotion des investissements Magloire Ngambia, ce projet s’inscrit dans la droite ligne de la politique actuelle du « Gabon émergent », tendant à diversifier son économie et à développer la valeur ajoutée. 6000 emplois directs et 5000 indirects devraient être créés.
Les plantations s’échelonneraient entre 2013 et 2019, avec des rendements attendus de 2 à 2,2 t/ha. Une usine de transformation sera construite d’une capacité de 225 t/jour. A maturité, souligne Olam, la production atteindrait quelque 62000 t de caoutchouc par an, le produit devant être exporté aux pneumatiquiers et autres utilisateurs à travers le monde.
Olam rappelle que le caoutchouc naturel figure parmi les quatre matières premières agricoles les plus échangées au monde. La consommation mondiale (synthétique et naturel) s’élève à 26 millions de tonnes (Mt) par an, la part du caoutchouc naturel ne faisant que croître face au synthétique, étant passé de 39% à 43% ces dix dernières années. « La hausse de consommation du caoutchouc naturel est étroitement liée à la croissance du PIB des pays notamment émergents », souligne encore Olam, et « devrait croître encore de 3,3% en moyenne ces 10 prochaines années.»
Selon le groupe, les gains de productivité ne suffiront pas, à eux seuls, à répondre à la hausse de la demande et c’est pourquoi de nouvelles superficies de plantation doivent être développées. « Cela ne peut plus guère se faire dans les pays producteurs traditionnels comme la Malaisie, l’Indonésie, Thaïlande ou encore l’Inde, et donc il faut regarder du côté du Vietnam, du Cambodge, Laos, Myanmar et de l’Afrique de l’Ouest », souligne le communiqué qui précise que les rendements dans cette partie de l’Afrique excède les 2 t/ha soit un niveau supérieur à ceux d’Asie. Une région qu’Olam connaît bien puisqu’à travers SIFCA, il détient déjà d’importantes plantations en Côte d’Ivoire, au Ghana et au Nigeria.

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