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Point Santé : Ebola en RDC, mpox, financement et urgences sanitaires, les faits marquants de la semaine

Point Santé : Ebola en RDC, mpox, financement et urgences sanitaires, les faits marquants de la semaine
  • Date de création: 19 septembre 2026 14:19

(Agence Ecofin) - Cette semaine en Afrique : l’épidémie d’Ebola Bundibugyo en RDC reste grave et s’étend désormais à sept provinces, selon Africa CDC. Le mpox circule encore dans 11 pays, tandis que l’Éthiopie devient le premier pays africain à obtenir la classification internationale de l’OMS pour une équipe médicale d’urgence civile. Cinq pays lusophones préparent des dispositifs similaires. La CEA lance un panel pour réduire la dépendance aux financements extérieurs, tandis que le Nigeria déploie l’initiative MAMII contre la mortalité maternelle et néonatale. À Lomé, 16 pays africains travaillent sur le diagnostic et la couverture sanitaire universelle.

Ebola en RDC : Africa CDC maintient que l’épidémie reste grave malgré des signes de ralentissement

Au 17 septembre 2026, Africa CDC, l’agence sanitaire de l’Union africaine, a publié une mise à jour dans laquelle l’institution affirme que l’épidémie d’Ebola Bundibugyo en RDC demeure grave et continue de se propager, malgré les efforts de riposte du gouvernement et de ses partenaires. Son évaluation vient nuancer le discours plus optimiste de l’équipe gouvernementale de riposte, qui annonçait le 10 septembre que le pic épidémique était dépassé.

Selon Africa CDC, si certaines zones connaissent une baisse des cas, notamment en Ituri, les données disponibles ne permettent pas encore de confirmer que le pic global est passé. L’institution relève des lacunes persistantes dans la prévention et le contrôle des infections dans plusieurs centres de traitement.

L’épidémie s’étend désormais sur sept provinces, dont le Sud-Ubangi, nouvellement touché par un cas importé le 10 septembre, soit environ 240 000 kilomètres carrés, une superficie comparable à celle du Royaume-Uni. Un dernier bilan faisait état de près de 7 000 cas confirmés et de plus de 3 300 décès.

Africa CDC indique continuer à travailler avec l’OMS et les partenaires pour soutenir le gouvernement et renforcer la riposte afin de mettre la transmission sous contrôle.

Mpox : 1153 cas dans 11 pays en six semaines, principalement à Madagascar

Onze pays africains ont enregistré 1 153 cas confirmés de mpox et sept décès entre le 6 juillet et le 16 août 2026, selon un rapport de l’OMS publié le 15 septembre. Madagascar concentre l’essentiel de la charge avec 785 cas, devant l’Angola, le Kenya, la RDC et le Cameroun. L’OMS souligne que ces chiffres sous-estiment probablement la réalité, en raison des retards de notification et de la baisse de la capacité de surveillance dans plusieurs pays. Bien qu’Africa CDC ait levé en juin son niveau d’urgence continentale maximale pour le mpox, la transmission se maintient, confirmant que la fin de l’état d’urgence n’a pas mis fin à la circulation du virus.

Cas de diphtérie au Sénégal

Au Sénégal, la diphtérie poursuit sa progression. Le ministère de la Santé et de l’Hygiène publique recensait, au 13 septembre, 76 cas et neuf décès dans 24 districts sanitaires répartis dans 11 régions, contre 57 cas et huit décès cinq jours auparavant. Kédougou reste le principal foyer, avec 28 cas, devant Dakar avec 12 cas, Thiès avec 10 cas et Louga avec 9 cas.

Les autorités rappellent que cette infection bactérienne se transmet par voie respiratoire et reste évitable par la vaccination. Elles appellent les parents à vérifier le statut vaccinal des enfants et à compléter les doses manquantes. La diffusion vers plusieurs régions met sous pression la surveillance épidémiologique et les capacités de vaccination et de prise en charge, alors que le Sénégal renforce sa riposte.

Nigeria : le pays renforce la prévention du VIH par la PrEP

Au Nigeria, les autorités renforcent les capacités du personnel de santé pour élargir la prévention du VIH par la PrEP (Prophylaxie Pré-Exposition). En mai, le Programme national de lutte contre le sida, les hépatites virales et les infections sexuellement transmissibles a formé 80 agents issus de 32 États et du Territoire de la capitale fédérale, dans le cadre d’une formation nationale de formateurs. L’objectif est d’intégrer davantage la PrEP aux soins courants et d’améliorer l’accès des personnes exposées au VIH à cette méthode de prévention. Selon l’OMS, environ 1,9 million de personnes vivent avec le VIH au Nigeria. Le pays prépare également l’introduction de nouvelles options de PrEP à action prolongée, afin d’élargir la couverture et de réduire les obstacles liés à l’observance.

Équipes médicales d’urgence : l’Éthiopie ouvre la voie, cinq pays lusophones suivent

L’Éthiopie est devenue, le 15 septembre 2026, le premier pays de la Région africaine à obtenir la classification internationale de l’OMS pour une équipe médicale d’urgence, EMT, civile nationale. Cette vérification, qui porte sur la gouvernance, les soins cliniques, la logistique, la prévention des infections, l’eau et l’assainissement ainsi que la capacité opérationnelle, constitue une étape importante dans le renforcement des capacités africaines de réponse rapide aux crises sanitaires.

Ce faisant, l’Éthiopie rejoint un groupe restreint de pays dotés d’équipes certifiées mobilisables lors d’épidémies, de catastrophes ou d’autres urgences. Dans la même dynamique, cinq pays africains lusophones, l’Angola, Cabo Verde, la Guinée-Bissau, le Mozambique et São Tomé-et-Príncipe, ont élaboré cette semaine des feuilles de route nationales pour créer ou renforcer leurs propres équipes médicales d’urgence.

Pour le pays d’Afrique de l’Est, ces avancées marquent le déploiement de son plan continental adopté par les ministres africains de la Santé à Addis-Abeba début septembre, qui visait à améliorer la disponibilité et la coordination de ces équipes. Elles prennent une résonance particulière dans le contexte de l’épidémie d’Ebola en RDC, qui a mis en évidence le déficit de personnel qualifié disponible pour la riposte.

Financement et systèmes de santé : la CEA crée un panel pour réduire la dépendance extérieure

Toujours en Éthiopie, la Commission économique pour l’Afrique, CEA, a lancé le 17 septembre 2026, à Addis-Abeba, un groupe consultatif de haut niveau consacré au financement de la santé. L’initiative vise à aider les pays africains à réduire leur dépendance aux financements extérieurs et à mobiliser davantage de ressources nationales, notamment via la fiscalité, les budgets publics et les mécanismes régionaux.

Cette approche intervient dans un contexte de contraction de l’aide internationale à la santé, documentée par l’OMS lors de la session RC76 du 24 août. Selon l’organisation, des programmes vitaux se sont effondrés presque du jour au lendemain dans plusieurs pays.

D’ailleurs, le même jour, une enquête de l’OMS Afrique menée auprès de 44 pays sur 47 révèle des progrès inégaux en matière de sécurité des patients, avec des lacunes majeures dans les systèmes d’information, les effectifs et la participation des patients, à mesure que les maladies non transmissibles prennent une place croissante.

Démence : l’Afrique face à une charge sanitaire et économique croissante

Dix pays africains ont participé, du 14 au 16 septembre à Nairobi, à un atelier régional visant à améliorer la prévention, le diagnostic et l’intégration de la démence dans les soins de santé primaires.

Selon l’OMS, environ 1,9 million de personnes vivent actuellement avec la maladie dans la Région africaine, pour un coût économique estimé à 15,6 milliards de dollars par an, tandis que les aidants familiaux consacrent une part importante de leur temps aux soins. La maladie reste toutefois largement sous-diagnostiquée et insuffisamment prise en compte dans les politiques sanitaires.

Les pays participant à ces travaux étaient Cabo Verde, les Comores, le Gabon, la Gambie, le Ghana, le Kenya, le Malawi, la Tanzanie, la Zambie et le Zimbabwe.

Nigeria : initiative MAMII contre la mortalité maternelle et 97 % des centres primaires en sous-effectif

Le gouvernement nigérian a lancé, le 14 septembre 2026, l’initiative MAMII, Maternal and Newborn Health Initiative Incentives, un programme de mesures incitatives destiné à accroître l’utilisation des services de santé maternelle et néonatale. MAMII cible 172 collectivités locales dans 33 États et vise à réduire de 30 % la mortalité maternelle et de 20 % la mortalité néonatale dans les zones ciblées d’ici 2028.

Cette initiative intervient dans un contexte de sous-dotation chronique des structures de première ligne. Selon un rapport publié le 14 septembre et portant sur 277 collectivités locales dans 16 États, 97 % des centres de santé primaires évalués ne respectent pas les normes nationales d’effectifs.

Lomé accueille 16 pays africains sur la couverture sanitaire universelle et le diagnostic

La capitale togolaise est cette semaine au cœur de l’actualité sanitaire africaine, avec, du 16 au 18 septembre 2026, une réunion technique de trois jours, consacrée à la couverture sanitaire universelle, CSU. Les travaux, réunissant des responsables des laboratoires et du diagnostic issus de 16 pays africains, portent sur les politiques de CSU, les solutions technologiques et les moyens d’accélérer l’accès aux services essentiels d’ici 2030.

En parallèle, la Fédération ouest-africaine des sciences de laboratoire médical, WAMLSS, a tenu sa conférence dans la capitale togolaise le 17 septembre, réunissant des biologistes médicaux pour examiner les difficultés posées par les épidémies et les lacunes des capacités diagnostiques, notamment à la lumière des leçons de l’épidémie d’Ebola de 2014 en Afrique de l’Ouest.

Ayi Renaud Dossavi

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