(Agence Ecofin) - En Tunisie, il y a un nouveau rebondissement dans l’affaire de la diffusion par la chaîne nationale Al Wataniya 1 de l’image d’un jeune berger décapité par des djihadistes. L’ex-rédacteur en chef de la chaîne, Hamadi Ghidaoui (photo), qui avait été révoqué, a déclaré ce 18 janvier 2016 que ses anciens collègues et lui ont été convoqués et entendus à la brigade antiterroriste.
Selon l’agence Tunis Afrique Presse (TAP), les auditions se sont déroulées sur la base de la loi antiterrorisme et du Code pénal. Les charges suivantes pourraient alors être retenues contre les journalistes : apologie du terrorisme et constitution d’une entente en rapport avec les infractions terroristes. Au cours de l’audition, 2 avocats ont assisté Hamadi Ghidaoui, Amel Bouguezzi Zina Mliki, Nadia Rtibi et le photographe Rabii Massoudi. Hamadi Ghidaoui a confié que le dossier sera transféré au juge d’instruction qui pourra procéder à de nouvelles auditions dans le cadre de l’enquête judiciaire.
Cette enquête et, surtout, l’invocation de la loi antiterrorisme sont d’ores et déjà condamnées par la Haute autorité indépendante de la communication audiovisuelle (Haica) ainsi que plusieurs organisations de la presse, notamment le Syndicat national des journalistes tunisiens (Snjt), le Syndicat général de l’information et le Syndicat de base des agents de l’administration, de la production et des techniciens de l’établissement de la télévision tunisienne.
La contestation porte sur le fait que la Justice s’empare d’une affaire liée à une faute professionnelle des journalistes. « La lutte antiterroriste ne devrait aucunement servir de prétexte pour restreindre la liberté de la presse et intimider les journalistes », écrit le Snjt dans un communiqué. Le syndicat a même créé une cellule de crise permanente pour soutenir les journalistes.
Quant à la Haica, son président dénonce une ingérence. « Le journaliste a droit à accomplir ses missions et à accéder à l’information dans les limites de la loi. Toutefois, si le journaliste commet une faute journalistique, c’est à la Haica de le sanctionner selon les décrets 115, 116 », a expliqué Nouri Lajmi sur les ondes de la radio Jawhara Fm.
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