(Agence Ecofin) - Alors que l’Afrique cherche encore à structurer une industrie cinématographique fragmentée malgré son fort potentiel économique, Bamako accueille une initiative dédiée au documentaire, un genre longtemps marginalisé sur le continent, mais désormais stratégique pour la narration et la création de valeur culturelle.
Du vendredi 16 au dimanche 18 janvier 2026, le Palais de la Culture Amadou Hampâté Bâ et le Centre national de la cinématographie du Mali ont accueilli la première édition du Festival international de documentaire africain de Bamako (FIDAB). Douze films documentaires africains, répartis entre longs et courts métrages, ont été projetés devant des professionnels et le public bamakois, selon les informations officielles.
Le FIDAB a proposé projections, débats, ateliers, rencontres professionnelles et une résidence d’écriture pour favoriser les échanges entre réalisateurs, producteurs et diffuseurs. Parmi les longs métrages en compétition figuraient « I Boyoro » d’Abraham Kamara (Mali), « Loin de moi la colère » de Joël Akafou (Côte d’Ivoire) et « IN Transit » de Tomisin Samuel (Burkina Faso). Côté courts métrages, on retrouvait « Foura ou le mariage » (Togo), « TakalaKoyos », les Gardiennes du fleuve » (Niger) et « Izuran » (Algérie).
Selon l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), l’industrie cinématographique et audiovisuelle africaine génère aujourd’hui près de 5 milliards USD de valeur ajoutée et environ 5 millions d’emplois. Ce potentiel pourrait cependant atteindre 20 milliards USD et plus de 20 millions d’emplois si le secteur était mieux structuré. Le FIDAB s’aligne sur une stratégie plus large de valorisation du savoir-faire africain, dans un secteur encore largement informel et sous-financé, mais riche de création, d’emplois et d’identité culturelle.
Cette édition survient alors que le documentaire africain connaît une dynamique croissante de structuration et de visibilité. Le projet IMPALA, soutenu par l’Agence française de développement (AFD) et des partenaires africains, forme de jeunes réalisateurs, monteurs et producteurs, dont 50 % de femmes, à toutes les étapes de la création, de l’écriture à la coproduction internationale, et touche directement près de 100 000 spectateurs dans dix pays francophones.

Les festivals jouent également un rôle essentiel pour valoriser ces œuvres. En avril 2025, la 16ᵉ édition du Saint-Louis’Docs au Sénégal a ainsi présenté 55 films documentaires venus de 24 pays, offrant projections, débats et rencontres professionnelles. Ces initiatives montrent comment le documentaire africain s’inscrit désormais dans un continuum de professionnalisation, de diffusion et de valorisation culturelle, consolidant son rôle stratégique au cœur de l’industrie cinématographique du continent.
Félicien Houindo Lokossou
Edité par : Feriol Bewa
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