Facebook Agence Ecofin Twitter Agence Ecofin LinkedIn Agence Ecofin
Instagram Agence Ecofin Youtube Agence Ecofin Tik Tok Agence Ecofin WhatsApp Agence Ecofin

Malgré un potentiel 95 GW, l’éolien offshore sud-africain bute sur un vide juridique

Malgré un potentiel 95 GW, l’éolien offshore sud-africain bute sur un vide juridique
  • Date de création: 18 septembre 2026 14:06

(Agence Ecofin) - L’Afrique du Sud figure parmi les pays africains les mieux dotés en ressources éoliennes côtières. Transformer ce potentiel en électricité produite en mer reste cependant une ambition que le pays peine à concrétiser.

Le seul projet d’éolien offshore jamais lancé en Afrique du Sud est suspendu depuis plusieurs mois et son avenir reste incertain. La Banque mondiale a publié le mercredi 16 septembre un rapport qui cartographie un potentiel de 95 gigawatts (GW) le long des côtes du pays, soit environ six fois la capacité installée totale du parc éolien terrestre africain. Mais entre la cartographie et le premier kilowattheure produit en mer, l’Afrique du Sud manque encore d’un cadre légal.

Baptisé « Gagasi », le projet lancé en 2022 au large de Richards Bay, sur la côte est du pays, par GenesisHexicon, coentreprise entre le suédois Hexicon et le sud-africain Genesis Eco-Energy Developments, prévoit une capacité de 800 mégawatts (MW). Mais quatre ans après, il n’a toujours pas franchi l’étape de l’autorisation environnementale.

Acer (Africa) Environmental Consultants, le bureau chargé de l’évaluation d’impact, a confirmé à Reuters que la demande d’autorisation environnementale avait été retirée l’année dernière. Son directeur général, Dieter Heinsohn, explique que les promoteurs ont souhaité revoir la conception technique du projet pour passer des turbines flottantes à des turbines ancrées au fond marin, « pour des raisons techniques et non environnementales ». Acer précise ne pas connaître l’état d’avancement actuel du projet. Hexicon n’a pas répondu aux sollicitations de Reuters. Genesis Eco-Energy a indiqué qu’une mise à jour serait communiquée le mois prochain.

Un potentiel théorique face à des obstacles concrets

Préparé par le cabinet Carbon Trust avec le soutien du programme ESMAP (Energy Sector Management Assistance Programme), le rapport de la Banque mondiale projette qu’à grande échelle, ces développements pourraient générer 6,7 milliards de dollars de salaires d’ici 2050. Ils aideraient aussi à réduire les émissions du secteur électrique de 530 millions de tonnes de CO₂ sur 25 ans.

Mais le ministre de l’Énergie Kgosientsho Ramokgopa a précisé en préface que ce document « n’est pas un plan de passation de marchés, une décision de politique énergétique, une allocation de capacité ou un engagement de fonds publics ».

L’Afrique du Sud ne dispose d’aucun mécanisme permettant à un développeur d’obtenir des droits exclusifs sur une zone maritime. Les réglementations sur l’exclusivité de sites offshores n’ont pas été adoptées, et jusqu’ici aucune loi n’autorise à ce jour la location de fonds marins. L’éolien offshore ne figure pas non plus dans le plan électrique national en vigueur.

Le premier projet offshore ne pourrait être mis en service au mieux qu’en 2035, d’après les projections du rapport. À ce stade, le coût de production est estimé entre 94 et 126 dollars par mégawattheure (MWh) selon les technologies, contre 32 dollars pour l’éolien terrestre lors des derniers appels d’offres nationaux.

Le rapport précise que ces coûts ne baisseraient sensiblement que dans le scénario le plus ambitieux, celui d’un déploiement de 40 GW à l’horizon 2050. Une trajectoire qui suppose de construire entre 2,5 et 3 GW par an durant la décennie 2040.

Abdel-Latif Boureima

Édité par Wilfried ASSOGBA

Lire aussi :

04/03/2026 : Énergies renouvelables : l’éolien offshore devrait progresser de 19 GW en 2025

Sur le même thème
Les réseaux électriques africains doivent à la fois desservir davantage de populations et accueillir une production renouvelable croissante. Un défi qui demande des financements...
Le solaire gagne rapidement du terrain dans le système électrique zambien, mais les grandes centrales ne suffiront pas à elles seules à atteindre l’accès...
Atex dispose déjà de plusieurs résultats de forage encourageants, mais toujours pas d’estimation de ressources minérales. Après le retrait de Ricca Resources en 2025,...
Producteur de pétrole et de gaz au Ghana notamment, la compagnie porte une dette qu’elle doit rembourser. La trésorerie dégagée par ses champs conditionne...