Facebook Agence Ecofin Twitter Agence Ecofin LinkedIn Agence Ecofin
Instagram Agence Ecofin Youtube Agence Ecofin Tik Tok Agence Ecofin WhatsApp Agence Ecofin

Le Ghana mise sur le développement du secteur semencier pour stimuler l’horticulture

Le Ghana mise sur le développement du secteur semencier pour stimuler l’horticulture
  • Date de création: 18 septembre 2026 04:16

(Agence Ecofin) - Au Ghana, l’horticulture constitue à la fois une source de revenus pour les producteurs et un levier de diversification alimentaire. Pour accroître la production de certaines filières stratégiques, Accra entend agir sur plusieurs leviers, dont l’accès à des semences et plants de qualité.

Au Ghana, le ministère de l’Agriculture a lancé le jeudi 17 septembre une feuille de route destinée à renforcer le secteur des semences horticoles. Selon un communiqué publié par le ministère, ce document définit les orientations stratégiques pour les trois à cinq prochaines années, avec pour objectif d’accroître la disponibilité, l’accessibilité et l’utilisation de matériel végétal amélioré et adapté aux conditions agricoles du pays.

Les interventions porteront notamment sur le renforcement de la production locale de semences et des entreprises du secteur, l’amélioration de l’accès des agriculteurs à des semences et plants de qualité ainsi que le développement de variétés adaptées aux conditions locales. La feuille de route doit également définir les responsabilités, les échéances et les mécanismes de financement nécessaires à sa mise en œuvre.

Un cadre favorable au déploiement

Cette annonce intervient alors que le Ghana a commencé à renforcer la gouvernance de son secteur semencier. Le 25 juin dernier, le gouvernement a officiellement installé le Conseil national des semences (NSC), un organe rattaché au ministère de l’Alimentation et de l’Agriculture. Créé dans le cadre de la loi sur les plantes et les engrais de 2010, il est chargé de conseiller les autorités sur la politique semencière, de superviser la régulation du secteur et de veiller au respect des normes de production, de certification et de distribution des semences.

Cette nouvelle architecture devrait permettre de faciliter la certification des variétés produites localement et d’améliorer l’accès des producteurs à du matériel végétal de qualité. Une partie importante des semences utilisées au Ghana provient encore de circuits informels, selon les données citées par les autorités.

Les ambitions dans la filière tomate soulignent l’enjeu des semences

La nouvelle orientation prend également place dans un contexte où Accra cherche à relever la productivité de plusieurs cultures horticoles. La tomate illustre particulièrement ce défi. En mars dernier, le ministre de l’Agriculture, Eric Opoku indiquait que le rendement moyen du légume au Ghana était d’environ 8 tonnes par hectare, contre un objectif de 20 tonnes pour de nouvelles variétés développées dans le cadre d’un projet de recherche mené avec des partenaires nigérians. Le ministre avait alors identifié les variétés de semences utilisées comme l’un des principaux freins à l’amélioration des rendements.

Cette volonté d’améliorer le matériel végétal accompagne d’autres mesures destinées à accroître l’offre locale. Lancée le 15 septembre dernier, la Ghana Tomato Self-Sufficiency Initiative (GHATSI) vise dans un premier temps une production d’environ 100 000 tonnes de tomates dès la campagne 2026/2027, avant une montée en puissance vers 400 000 tonnes par an. Mise en œuvre par le ministère de l’Agriculture avec l’appui de la société FarmMate Limited, l’initiative prévoit d’accompagner les petits producteurs impliqués qui bénéficieront d’un financement de 20 000 GH¢ par acre (4 295 $ par hectare), ainsi que d’un accompagnement en matière d’intrants, d’assistance technique, d’assurance et d’accès à des marchés garantis.

L’ambition affichée est de réduire à terme la dépendance aux importations pour combler un déficit annuel évalué à près de 300 000 tonnes de tomates par an selon les données officielles. Au-delà de la tomate, le renforcement du système semencier pourrait également soutenir les ambitions du Ghana dans d’autres filières horticoles. L’enjeu sera toutefois de transformer les progrès réalisés dans la recherche, la production et la certification en un accès effectif des producteurs à des variétés performantes et adaptées aux conditions locales.

Stéphanas Assocle

Édité par Wilfried ASSOGBA

Lire aussi:

31/08/2026 : Manioc : face à un intérêt industriel croissant, le Nigeria renforce son système semencier

29/05/2026 : La Tanzanie vise un doublement de l’utilisation des semences améliorées d’ici 2030

04/02/2026 : Le Ghana porte la croissance des exportations africaines de bananes en 2025

Sur le même thème
Le Ghana a recours aux importations pour la quasi-totalité de ses besoins en engrais. Jusqu’ici marginal, le segment des engrais organiques suscite un intérêt...
La Banque ouest-africaine de développement va débloquer 45 milliards FCFA pour la troisième phase du Programme d’appui à la mécanisation agricole et à l’irrigation...
La Côte d’Ivoire et le Ghana s’imposent respectivement comme les 1er et 2ème producteurs mondiaux de cacao. Sur un marché volatil, les prix bord...
Au Sénégal, l’élevage représente environ 4 % du PIB et fait vivre près d’un tiers des ménages. Ces dernières années, le vol de bétail s’est...