(Agence Ecofin) - Le torchon brûle entre Washington et Moscou, à la suite de récentes déclarations du président américain Joe Biden (photo) sur les médias.
En effet, hier, mercredi 17 mars, l’actuel locataire de la Maison-Blanche a dit penser que son homologue russe, Vladimir Poutine, est « un tueur ». Il a également promis que ce dernier, à la tête de la Russie depuis près de 20 ans, paierait « le prix » de ses actes.
Si Poutine lui-même n’a pas encore fait de commentaire, une déclaration aussi peu diplomatique, c’est le cas de le dire, n’a pas manqué de causer la fureur de plusieurs officiels à Moscou, comme on pouvait s’y attendre.
« C'est de l'hystérie due à de l'impuissance. Poutine est notre président et une attaque contre lui, c'est une attaque contre notre pays », a ainsi écrit sur son compte Telegram, Viatcheslav Volodine, président de la Douma (chambre basse du Parlement russe).
« Avec ses déclarations, Biden a insulté les citoyens de notre pays », a-t-il ajouté, tout en critiquant l'incohérence du nouveau président américain, le comparant notamment à son prédécesseur Donald Trump.
Un « tournant » dans les relations russo-américaines
Plusieurs demandes d’excuses ont déjà fusé, parmi les officiels russes, face à une remarque « inacceptable en toutes circonstances », et qui marque un « tournant » dans les relations russo-américaines, selon Konstantin Kosachev, vice-président de la Chambre haute du Parlement russe.
Dans la foulée, le ministère des Affaires étrangères a annoncé qu'il convoquait son ambassadeur aux Etats-Unis, pour des consultations.
La diplomatie russe met ainsi en garde contre les risques d'une « détérioration irréversible des relations » avec la nouvelle administration américaine.
Simple Gaffe ou signe avant-coureur ?
Notons que ces développements surviennent peu après la publication d’un rapport par les services de renseignement américains, qui accuse notamment les Russes (et Poutine) d'ingérence dans les dernières élections américaines.
Des sanctions américaines sont d’ailleurs attendues contre Moscou et certains de ses officiels, dans les prochains jours. Ce qui ne devrait pas arranger les choses entre les deux puissances.
Fait notable, presque au même moment, mais de l’autre côté de l’Atlantique, c’est l’Angleterre qui, dans le cadre de sa nouvelle politique stratégique, désigne la Russie comme une « menace active ».
Ces développements pourraient bien être les signes avant-coureurs d'un mouvement global d’hostilité et de durcissement vis-à-vis de la Russie, au sein d’une partie de l’Occident.
Ayi Renaud Dossavi
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