Mali : polémique autour du nouveau Code de la famille

  • Date de création: 18 janvier 2012 07:48

(Agence Ecofin) - Adopté le 2 décembre 2011 par l’Assemblée nationale malienne, le nouveau code de la famille fait, à nouveau, l’objet d’une vive contestation de la part des Organisations non gouvernementales de défense des droits de l’homme. Ces dernières se confrontent à la pression des organisations islamiques porteuses du texte.

Cinq ONG ont adressé, lundi 16 janvier, une lettre ouverte au président Malien, Amadou Toumani Touré lui demandant « la non proclamation de ce texte discriminatoire ».

Les organisations dénoncent le caractère discriminatoire du texte contraire à la constitution et aux engagements internationaux du Mali et rappelle l’objectif de mise en conformité avec les conventions internationales ratifiées par le Mali. Pour mettre en évidence « la non-conformité de ce texte avec les principes garantis par la Constitution », la lettre s’appuie notamment sur l’article 2 de la constitution malienne qui prévoit que « tous les Maliens naissent et demeurent libres et égaux en droits et en devoirs ».

Elle dénonce plusieurs dispositions en opposition avec ce principe fondamental d’égalité dont le nouvel article 311 du code de la famille disposant que « la femme doit obéissance à son mari ». Les organisations font également référence à l’article 314 relatif au statut de « chef de famille » du mari ainsi qu’à l’article 282 abaissant l’âge légal du mariage à 16 ans pour les filles et 18 ans pour les hommes. Pour ces défenseurs des droits de l’homme, le nouveau texte « représente un vrai recul en matière de droits humains des femmes et des enfants ».

Parallèlement, le Haut Conseil islamique du Mali qui s’impatiente de la promulgation tardive du texte, a organisé une grande manifestation, samedi 14 janvier dernier rassemblant près de 50 000 personnes. La principale organisation islamique entend dénoncer les tentatives d’obstacles à la promulgation du texte. Le code a été adopté en décembre dernier après nombreuses discussions et modifications. Le texte avait notamment fait l’objet, avant son adoption définitive, d’une relecture suite à de fortes contestations religieuses notamment du Haut Conseil islamique du Mali opposée aux avancées relatives aux droits des femmes précédemment obtenues. Ces avancées étaient jugées contraires à la loi coranique.

La Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH), l'Association malienne des droits de l'Homme (AMDH), l'Espace d'Echange et de Concertation des femmes du Mali et l'Union interafricaine des droits de l'homme (UIDH) ont participé à la rédaction de la lettre ouverte adressée au président.