(Agence Ecofin) - Fitch Ratings a dégradé les perspectives de croissance de l'économie nigériane pour l'année 2015, les faisant passer d'un niveau prévisionnel de 6,4% à seulement 5,2%, a-t-on appris d'un communiqué publié par l'agence de notation le 16 décembre 2014. Cette dernière explique que la baisse des prix du baril de pétrole risque de détériorer davantage les déficits extérieurs et budgétaires de la première économie d'Afrique.
Le prix du baril de brut dont le Nigéria est le premier producteur en Afrique, n'a pas cessé de chuter ces trois derniers mois et a atteint le niveau symbolique des 59 $ le 16 décembre 2014, un niveau qui n'avait pas été atteint depuis 2009. Le principal effet sur l'économie nigériane est la dépréciation du naira, qui elle-même entraîne une hausse de la demande monétaire pour faire face aux importations effectués en dollars et qui fait fuir les investissements étrangers en raison des coûts financiers que cela induit pour récupérer les bénéfices.
La banque centrale a tout de suite réagit en prenant des mesures conservatoires. Elle a levé son principal taux d'intervention de 12% à 13% et accru le ration d'adéquation des fonds propres des banques de15% à 20%, ce qui pousse les banques à recourir à un marché international de la dette de plus en plus étroit pour les pays émergents ou frontières comme le Nigeria.
Malgré ces alertes rouges, c'est un gouvernement très optimiste qui défendra ce 17 décembre 2014, le budget fédéral devant les représentants du peuple. La ministre de l'économie Ngozi Okonjo-Iweala (photo) devrait ainsi convaincre les sénateurs d'accepter un budget qui prévoit un prix du baril de pétrole à 65 $ et un taux de change de 160 nairas pour un dollar en 2015. Parmi les autres mesures budgétaires fortes proposées, on relèvera la réduction des subventions pétrolières dont l'enveloppe passe de 151 milliards de nairas, à 91 milliards de nairas seulement.
Le gouvernement nigérian a ainsi présenté un budget de 4,5 trillions de nairas (24,5 milliards $) avec des dépenses courantes maintenus à 2,6 trillions, tandis que les dépenses d'investissement publics subissent une proposition de réduction de près de la moitié, partant de 1,2 trillions de nairas, à 627 milliards de nairas. Les débats s’annoncent serrés selon la presse locale.
Idriss Linge

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