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Ghana Gas tranchera début 2027 sur un projet de gazoduc à 500 millions $

Ghana Gas tranchera début 2027 sur un projet de gazoduc à 500 millions $
  • Date de création: 17 septembre 2026 18:20

(Agence Ecofin) - Face à la hausse attendue de la demande et aux contraintes sur son système gazier, le Ghana prépare un nouveau projet d’infrastructure. Celui-ci doit renforcer les capacités d’acheminement du gaz dans un secteur énergétique encore confronté à des déficits de capacité.

La Ghana National Gas Company Limited (GNGCL), la société publique chargée du transport et du traitement du gaz naturel au Ghana, rendra sa décision finale d’investissement (FID) sur un gazoduc à terre de 500 millions de dollars au début de l’année 2027. La directrice générale Judith Adjobah Blay l’a annoncé à Reuters mercredi 16 septembre.

Il s’agit d’un pipeline d’environ 278 kilomètres, qui doit acheminer le gaz depuis les installations de traitement de l’ouest du pays vers les industries du sud-est, notamment celles de l’enclave industrielle de Tema. Ghana Gas fournit déjà environ 84 % du combustible utilisé par les centrales thermiques qui assurent au moins 60 % de la production électrique nationale.

L’infrastructure projetée arrive dans un contexte de déséquilibre croissant entre offre et demande de gaz. La Ghana National Petroleum Corporation (GNPC) projette une demande nationale de gaz à 840 millions de pieds cubes standard par jour, d’ici 2030, contre une capacité nominale de traitement de 150 millions de pieds cubes par jour actuellement à Atuabo.

Lors du Global Energy Show de Calgary au Canada en juin dernier, Judith Adjobah Blay a indiqué que Ghana Gas génère une économie annuelle estimée à 1,3 milliard de dollars sur les coûts de carburant des centrales thermiques. La fourniture de GPL, le gaz utilisé principalement pour la cuisson, produit 60 millions de dollars d’économies supplémentaires, a-t-elle précisé.

Un calendrier sous pression, un financement à boucler

La décision d’investissement sur le gazoduc s’inscrit dans un agenda infrastructurel plus large. En mai 2025, le ministre des Finances Cassiel Ato Forson avait estimé que la nouvelle usine de traitement de gaz prévue à Atuabo, permettrait d’économiser jusqu’à 500 millions de dollars tous les deux ans sur la facture énergétique nationale.

Le ministre de l’Énergie John Jinapor chiffrait pour sa part à 151 millions de dollars par an les pertes liées au gaz non traité. En août, la patronne de la Petroleum Commission, Emeafa Hardcastle, confirmait que cette deuxième usine atteindrait une capacité nominale de 150 millions de pieds cubes par jour avec un pipeline d’exportation de 315 millions de pieds cubes.

Le montage financier du gazoduc à 500 millions de dollars n’est cependant pas encore bouclé. Le plan prévoit une participation de 30 % de l’État, tandis que le solde devrait être financé par des entreprises privées, selon Adjobah Blay.

Ghana Gas est également partie prenante dans le projet African Atlantic Gas Pipeline (AAGP), le futur gazoduc Nigeria-Maroc de 25 milliards de dollars, pour lequel un accord intergouvernemental est attendu d’ici la fin 2026. D’après Citi Newsroom, le pays y prévoit la fourniture d’interconnexions de pipeline et de stations de compression.

Abdel-Latif Boureima

Édité par Wilfried ASSOGBA

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