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Côte d’Ivoire : un projet de 46 millions $ en gestation pour renforcer l’industrie minotière

Côte d’Ivoire : un projet de 46 millions $ en gestation pour renforcer l’industrie minotière
  • Date de création: 17 septembre 2026 05:26

(Agence Ecofin) - La Côte d’Ivoire est le deuxième marché pour le blé importé au sein de l’UEMOA après le Sénégal. L’appétit croissant de la population pour les produits dérivés de cette céréale, surtout en milieu urbain, stimule le développement des capacités locales de transformation dans la minoterie.

L’entreprise Moulin Koira de Côte d’Ivoire (MKCI) prévoit d’injecter 26 milliards FCFA (46 millions $) dans la construction d’une minoterie (unité spécialisée dans la transformation de céréales, en l’occurrence du blé) dans la première économie de l’UEMOA. C’est ce qui ressort d’une réunion de travail tenue le 14 septembre dernier au siège du Centre de promotion des investissements en Côte d’Ivoire (CEPICI), à Abidjan, entre les responsables de l’organisme et Cessé Komé, PDG de l’entreprise.

Si, pour l’heure, les détails concernant le site de la minoterie, sa capacité de transformation ou encore le calendrier de mise en œuvre du projet ne sont pas encore connus, cette annonce témoigne de l’intérêt croissant des investisseurs pour ce segment d’activité.

Déjà en août dernier, le groupe turc Alapala annonçait l’achèvement de la conception, de la fourniture des équipements et de la construction d’un nouveau complexe intégré pour le minotier Moulin Sako. L’installation comprend un moulin d’une capacité de production de 250 tonnes de farine par jour et six silos permettant de stocker au total 15 000 tonnes de céréales.

Des opportunités à saisir aussi bien sur le marché local que régional

En Côte d’Ivoire, le blé s’impose actuellement comme la troisième céréale consommée après le riz et le maïs et prend de plus en plus de place dans les habitudes de consommation. Les données compilées par le Département américain de l’Agriculture (USDA) montrent que la consommation de blé dans le pays a grimpé de près de 34 % en l’espace de trois ans, passant de 580 000 tonnes en 2022/2023 pour s’établir à environ 777 000 tonnes durant la campagne de commercialisation de 2025/2026. L’organisme américain s’attend d’ailleurs à ce que ce volume augmente à 806 000 tonnes en 2026/2027.

La Côte d’Ivoire ne produisant pas de blé, la totalité de la céréale transformée par les minoteries est importée. En outre, la quasi‑totalité du blé transformé dans le pays est convertie en farine de boulangerie pour la production de pain, avec de plus petites quantités utilisées dans la pâtisserie et la biscuiterie.

« Le secteur de la boulangerie génère environ 167 millions $ de revenus annuels et continue de croître, porté par la trajectoire d’urbanisation du pays », estime l’USDA dans son dernier rapport sur le marché ivoirien des céréales. Cette dynamique de croissance peut justifier l’intérêt des industriels à augmenter leur capacité de transformation.

Le marché ivoirien ne se limite toutefois pas à la demande domestique. Grâce au port d’Abidjan et à ses corridors routiers vers l’intérieur de la région, le pays sert également de point de redistribution du blé et de ses produits dérivés vers plusieurs marchés ouest‑africains, notamment ceux des pays enclavés.

Les données commerciales compilées par l’USDA confirment des réexportations ivoiriennes de blé et de produits dérivés totalisant 65 034 tonnes en 2024/2025, soit une hausse de 18 % par rapport aux 55 172 tonnes de 2023/2024.

« Le Burkina Faso demeure la destination de loin dominante, représentant 52 881 tonnes [81 % du total des réexportations] sur l’année close en juin 2025. Le Togo [4 500 tonnes], le Ghana [3 773 tonnes], le Sénégal [1 205 tonnes] et la Guinée [558 tonnes] constituent des marchés secondaires », peut‑on lire dans le rapport de l’USDA.

Stéphanas Assocle

Édité par Wilfried ASSOGBA

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06/03/2026 : Sénégal : l’industrie minotière se renforce avec la hausse de la demande de blé

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