(Agence Ecofin) - Détenu depuis son arrestation à Casablanca le 13 juillet, le cinéaste et rappeur marocain El Mahdi Lyoubi sera jugé le 22 juillet. Son comité de soutien lie les poursuites à ses prises de position en faveur du mouvement GenZ 212.
Le cinéaste et rappeur marocain El Mahdi Lyoubi (photo), connu sous le nom de scène Mehdi Black Wind, a été transféré, mercredi 15 juillet, à la prison d'Oukacha, à Casablanca, après sa présentation devant un juge dans le cadre d'une procédure de comparution immédiate. En l'absence de représentation juridique, en raison de la grève des avocats, l'artiste a refusé de comparaître.
Selon ses proches, les charges retenues sont « atteinte à corps constitué », en raison de certaines de ses chansons, et « incitation à commettre des délits ».
Empêché de quitter le territoire alors qu'il s'apprêtait à regagner la France, où il réside depuis 2017, l'artiste avait été interpellé et placé en garde à vue, à l'issue d'une journée d'audition, le lundi 13 juillet. Il se trouvait au Maroc depuis deux semaines pour effectuer des repérages en vue de son prochain documentaire.
Une mobilisation dans les milieux artistiques
D'après son comité de soutien, l'arrestation serait liée à ses prises de position sur les réseaux sociaux en faveur du mouvement GenZ 212, un collectif de jeunes Marocains qui dénonce notamment la corruption, le chômage et les difficultés des services publics.
Les soutiens d'El Mahdi Lyoubi affirment ne pas avoir eu connaissance des motifs précis des poursuites au moment de son placement en détention. « On n'a pas encore eu accès au chef d'accusation contre El Mahdi, et cela même constitue une violation de ses droits, que l'information ne soit encore pas claire », estime Zineb Kharroubi, l'une des voix du mouvement, dans des propos rapportés par Radio France Internationale (RFI). « C'est une question de liberté d'expression, vis-à-vis de son engagement […] que ce soit son cinéma ou sa musique », ajoute-t-elle.
Depuis son arrestation, les appels à sa libération se multiplient. Une tribune a recueilli plus de 500 signatures d'artistes, réalisateurs, écrivains et musiciens marocains et français. Le comité de soutien « Free El Mahdi Lyoubi » réclame sa « libération immédiate » et dit redouter que l'absence d'avocats disponibles ne compromette les conditions de son procès.
Cet épisode survient quelques jours après l'arrestation, dimanche à Tanger, du journaliste franco-marocain Ali Lmrabet. Bien que l'ancien diplomate et figure critique du pouvoir ait été libéré depuis, l'enquête se poursuit et les poursuites à son encontre restent maintenues.
Dans l'attente de son audience, renvoyée au 22 juillet, El Mahdi Lyoubi demeure placé en détention.
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