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En Afrique du Sud, le charbon reste au cœur de la stabilisation du système électrique

En Afrique du Sud, le charbon reste au cœur de la stabilisation du système électrique
  • Date de création: 16 septembre 2026 12:23

(Agence Ecofin) - Le recul du délestage résulte d'une transformation profonde du marché électrique sud-africain, marqué par l’essor du renouvelable et de la production privée. Mais les gains immédiats de fiabilité reposent encore largement sur un parc dominé par le charbon. 

Le redressement du système électrique sud-africain continue de s’appuyer sur ses centrales à charbon. Depuis le début de l’exercice financier 2027, Kusile et Medupi affichent des facteurs de disponibilité respectifs d’environ 90 % et 85 %, contre 67,78 % pour l’ensemble du parc d’Eskom au jeudi 10 septembre. Les deux centrales, qui totalisent 9600 MW de capacité installée, fournissent actuellement environ 6583 MW de capacité disponible. 

Elles représentent ainsi, à elles seules, un peu plus de 20 % de la capacité disponible d’Eskom. La compagnie nationale d’électricité estime qu’elles jouent un rôle important dans l’amélioration de la fiabilité de la production et de la sécurité énergétique. 

Cette contribution intervient en effet alors que la situation du réseau s’est nettement améliorée. Le facteur de disponibilité énergétique (EAF) d’Eskom atteint son meilleur niveau en six ans, et les indisponibilités imprévues ont reculé. Entre avril et début septembre, les dépenses de diesel ont également diminué de plus de 80 % sur un an, tandis que l’Afrique du Sud a dépassé 480 jours consécutifs sans délestage. 

Cette amélioration portée par le parc existant coïncide pourtant avec une transformation du modèle électrique. Le gouvernement recensait fin mars plus de 220 GW de projets renouvelables en développement, dont 36 GW engagés dans le processus de raccordement. L’Integrated Resource Plan (IRP) 2025 prévoit que l’essentiel des nouvelles capacités ajoutées jusqu’en 2039 provienne des renouvelables, tandis que le retrait du « parc charbonnier » doit s’accélérer à partir de 2029. 

L’Afrique du Sud avance ainsi sur deux fronts simultanément. Le pays s’appuie sur un parc fossile redevenu plus fiable pour sécuriser l’approvisionnement immédiat, pendant que se construit progressivement un système plus diversifié et davantage ouvert aux producteurs privés. Il reste à voir jusqu’où cet équilibre pourra soutenir le système à mesure que les centrales à charbon sont retirées. 

Abdoullah Diop

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