Facebook Agence Ecofin Twitter Agence Ecofin LinkedIn Agence Ecofin
Instagram Agence Ecofin Youtube Agence Ecofin Tik Tok Agence Ecofin WhatsApp Agence Ecofin

Anacarde : la Côte d’Ivoire attire davantage d’investissements pour valoriser les coques

Anacarde : la Côte d’Ivoire attire davantage d’investissements pour valoriser les coques
  • Date de création: 16 septembre 2026 04:08

(Agence Ecofin) - La Côte d’Ivoire est le premier producteur mondial de noix de cajou et le troisième pays transformateur, derrière le Vietnam et l’Inde. Longtemps centrés sur l’amande, les industriels s’intéressent désormais à la coque de cajou, un sous-produit qui offre de nouvelles opportunités d’investissement.

Le 11 septembre dernier, le groupe industriel indien Essar Biofuels Ltd a signé un protocole d’accord avec le Conseil coton, anacarde et karité (CCAK) et le Centre de promotion des investissements en Côte d’Ivoire (CEPICI) pour la mise en œuvre d’un projet de valorisation industrielle des coques de cajou.

D’un coût annoncé de plus de 75 millions de dollars, le projet prévoit l’installation d’une unité destinée à extraire le Cashew Nut Shell Liquid (CNSL), ou baume de cajou, avant de le transformer en cardanol. Ce produit chimique est utilisé dans la fabrication de résines, de revêtements, de peintures, d’adhésifs et de certains matériaux industriels.

Plus largement cette annonce constitue une nouvelle manifestation de l’intérêt croissant des investisseurs pour les coques de cajou en Côte d’Ivoire. Quelques mois plus tôt, le groupe singapourien Valency International avait mis en service en juin dernier, à Attinguié, une unité industrielle consacrée à la production de biochar à partir de ces résidus. L’usine considérée comme la première unité commerciale de production à grande échelle de biochar issu des coques de noix de cajou en Afrique, peut traiter 20 000 tonnes de coques par an pour produire près de 6 000 tonnes de biochar.

Avant ces deux initiatives, l’entreprise ivoirienne Foods’Co avait obtenu en 2025 un financement de 3 millions d’euros de la société belge BIO pour construire et exploiter une unité d’extraction de CNSL à Béoumi. Le projet vise également la production de briquettes à partir des coques.

Des opportunités qui s’étendent du marché local au marché international

La multiplication de ces initiatives intervient alors que le gisement de coques de noix de cajou disponible progresse avec l’augmentation de la transformation locale. En 2025, par exemple, la Côte d’Ivoire a transformé environ 660 000 tonnes de noix de cajou, soit environ 42 % de sa production, contre 344 026 tonnes en 2024.

Alors que la coque représente près de 70 % du poids de la noix brute, l’augmentation des volumes transformés accroît donc le volume potentiel de sous-produits disponibles pour les industriels. Une dynamique qui devrait se poursuivre d’autant plus que le gouvernement nourrit l’ambition de parvenir à transformer 50 % de la production locale de noix de cajou sur son territoire d’ici 2030.

Cette disponibilité croissante intervient en outre au moment où les autorités ivoiriennes cherchent à positionner le pays sur les marchés issus de la valorisation des coques. En juin 2025, le CCAK a par exemple réuni industriels, porteurs de projets et partenaires techniques et financiers au cours d’un atelier organisé à Abidjan pour promouvoir les opportunités offertes par le CNSL, le biochar et d’autres dérivés industriels issus des coques de noix de cajou.

L’objectif affiché par le régulateur de la filière à travers cette démarche est d’attirer davantage d’investissements dans ce segment émergent et favoriser le positionnement de la Côte d’Ivoire sur un marché mondial du CNSL en pleine croissance. Selon les projections formulées par le cabinet Market Report World, la taille de ce marché devrait croître de 5,43 % en moyenne par an, passant de 446 millions de dollars en 2026 à 718 millions de dollars en 2035.

Cette progression attendue est principalement portée par la demande croissante de produits chimiques biosourcés et par l’élargissement des applications du CNSL dans les résines, les revêtements, les adhésifs et les matériaux de friction.

À cette perspective de marché s’ajoute un autre intérêt pour les transformateurs : la possibilité de réduire les coûts liés à la gestion des coques. Dans une analyse du marché africain, l’ONG française Nitidæ souligne que la valorisation encore limitée de ces déchets sur le continent peut générer pour les transformateurs des coûts de stockage, de transport et d’élimination. Leur conversion en produits commercialisables permet donc potentiellement de transformer une charge industrielle en source de revenus.

Stéphanas Assocle

Édité par Wilfried ASSOGBA

Lire aussi:

12/07/2026 : Focus sur la transformation de coques de noix de cajou en Côte d’Ivoire

Sur le même thème
Le Ghana a recours aux importations pour la quasi-totalité de ses besoins en engrais. Jusqu’ici marginal, le segment des engrais organiques suscite un intérêt...
La Banque ouest-africaine de développement va débloquer 45 milliards FCFA pour la troisième phase du Programme d’appui à la mécanisation agricole et à l’irrigation...
La Côte d’Ivoire et le Ghana s’imposent respectivement comme les 1er et 2ème producteurs mondiaux de cacao. Sur un marché volatil, les prix bord...
Au Sénégal, l’élevage représente environ 4 % du PIB et fait vivre près d’un tiers des ménages. Ces dernières années, le vol de bétail s’est...