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Zanaga : où en est le développement de la future mine de fer du Congo

Zanaga : où en est le développement de la future mine de fer du Congo
  • Date de création: 16 septembre 2026 04:04

(Agence Ecofin) - Bloqué dans les starting-blocks depuis des années, le projet de minerai de fer Zanaga est en quête d’une accélération ces derniers mois. Procédé d’exploitation révisé, intérêt annoncé d’un nouvel investisseur et 2 milliards USD à lever d’ici 2027, la mine doit toutefois encore franchir un cap.

Mardi 15 septembre, le groupe Zanaga Iron Ore Company (ZIOC) a annoncé la mise en œuvre d’un programme d’échantillonnage en vrac destiné à tester le procédé d’exploitation révisé de son projet de minerai de fer Zanaga, en République du Congo. Si l’initiative constitue, selon lui, une nouvelle étape vers la décision finale d’investissement (FID), le passage à la construction reste encore à confirmer. De la finalisation desdits tests à la mobilisation des 2,17 milliards USD d’investissement prévus d’ici 2027, plusieurs étapes doivent encore être franchies avant d’atteindre ce cap.

Le programme annoncé prévoit l’extraction de minerai afin de constituer un échantillon de 100 tonnes destiné à des essais métallurgiques, avec pour objectif de confirmer le schéma retenu pour la première phase d’exploitation de Zanaga. Celle-ci doit permettre la production d’un concentré de minerai de fer à haute teneur, adapté au DRI (Direct Reduced Iron), un procédé de production de fer à plus faible intensité carbone. ZIOC prévoit une production annuelle de 12 millions de tonnes de concentré durant cette première phase, avant de porter la capacité à 30 millions de tonnes avec une deuxième phase.

Les quelque 2 milliards USD doivent notamment financer cette première phase, tandis que l’investissement total du projet est estimé à 4,05 milliards USD sur les 30 ans de durée de vie prévus pour la mine. En parallèle des travaux techniques, ZIOC s’emploie donc à mobiliser les financements nécessaires, notamment à travers son rapprochement avec Red Arc Minerals (RAM), un nouveau partenaire annoncé pour la première fois en février dernier. Celui-ci prévoit d’injecter initialement 25 millions USD dans le projet pour en acquérir 20 % du capital, tout en participant aux efforts de développement.

La transaction, dont la clôture était initialement prévue fin mai, reste d’actualité malgré le report de cette échéance. Les deux parties visent désormais le 30 novembre. Dans un communiqué publié fin juillet, ZIOC expliquait ce délai supplémentaire par les négociations menées parallèlement par RAM pour mobiliser un financement destiné à soutenir la construction de la mine. Le partenaire cherche à obtenir jusqu’à 500 millions USD auprès d’une « institution de financement du développement » occidentale, dont l’identité n’a pas été précisée. Cette dernière a toutefois déjà émis une lettre d’intention en ce sens.

Des initiatives encore à suivre

Ces éléments traduisent une certaine accélération des démarches visant à concrétiser l’exploitation du fer de Zanaga. Leur issue demeure toutefois conditionnée à plusieurs facteurs, notamment l’avancement des négociations sur le financement et la finalisation de l’entrée de RAM au capital du projet. Des éléments qui pourraient peser sur le calendrier actuellement retenu par ZIOC, alors que le groupe cherche à faire aboutir depuis plusieurs années le développement de cet actif congolais, d’abord avec Glencore comme partenaire.

Le groupe anglo-suisse a toutefois progressivement procédé à son retrait en cédant sa participation entre 2022 et mars 2025. Une évolution qui semble avoir laissé la place à un nouveau partenaire potentiel avec RAM, mais dont les effets sur la trajectoire à court et moyen terme du projet restent encore à mesurer. Pour le Congo, l’enjeu dépasse toutefois la seule concrétisation de la mine. Zanaga pourrait contribuer à diversifier une industrie extractive encore largement dominée par les hydrocarbures, avec à la clé des infrastructures, des emplois et une nouvelle source de recettes publiques attendue.

Reste donc à savoir si les prochaines échéances permettront cette fois au projet de franchir le cap qui lui a longtemps manqué. C’est-à-dire passer des études et des annonces aux décisions d’investissement, puis à la construction effective de la mine.

Aurel Sèdjro Houenou

Édité par Wilfried ASSOGBA

Lire aussi :

07/05/2026 - Au Congo, Zanaga en quête de 2 milliards USD d’ici 2027 pour une mine de fer

11/02/2026 - Fer de Zanaga : au Congo, le départ de Glencore ouvre la porte à un nouvel investisseur

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