(Agence Ecofin) - La Commission européenne, à travers Karel de Gucht, son commissaire en charge du Commerce extérieur, a adressé une lettre d’avertissement aux équipementiers chinois ZTE et Huawei le 15 mai 2013. Elle leur demande de mettre fin aux pratiques commerciales qu’elle juge déloyales, selon les lois sur la concurrence.
En effet, les deux entreprises qui contrôlent près du quart du marché européen des équipements télécoms bénéficient de subventions de Pékin. Ainsi, elles sont plus compétitives et peuvent vendre à perte sans que cela ait un impact sur leur santé financière.
D’après une source de l’AFP, si les deux entreprise ne changent pas de comportement, elles se verront frappées de lourdes taxes. Ce n’est pas la première fois que ZTE et Huawei sont soupçonnées de recevoir de l’aide à l’exportation de la Chine. Mais les deux équipementiers ont toujours réfuté ces accusations, soutenant que leur force venait de leur tarif bas, induit par de faibles coûts de fabrication. Mais ces justifications ne semblent pas assez convaincantes et ont suscité des réactions conservatoires dans plusieurs pays.
En effet, devant le doute, les Etats-Unis et l’Australie ont pris des mesures pour bloquer la pénétration des groupes chinois sur leur marché. Au-delà de pratiques commerciales répréhensibles, ces pays craignent surtout pour leur sécurité nationale.
Ils mettent en quelque sorte en pratique les recommandations issues du rapport sur la cyberdéfense, publié en d’octobre 2012 par le sénateur français Jean Marie Bockel, qui soutenait l’interdiction de confier l’installation ou la fourniture d’équipements de systèmes d’informations sensibles à des entreprises proches du régime chinois.