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Gambie : 16 mois après le retrait de Karpowership, le modèle électrique sous pression

Gambie : 16 mois après le retrait de Karpowership, le modèle électrique sous pression
  • Date de création: 15 septembre 2026 10:34

(Agence Ecofin) - La dépendance aux importations d’électricité expose plusieurs pays ouest-africains à des chocs extérieurs. En Gambie, cette vulnérabilité met à l’épreuve la stratégie de la compagnie nationale.

Seize mois après le retrait de Karpowership, la Gambie affronte une grave crise électrique, marquée par des coupures de 48 heures et des manifestations. Vendredi 11 septembre dernier, Gallo Saidy, le directeur général de la National Water and Electricity Company (NAWEC), a défendu le choix de ne pas renouveler le contrat avec l’entreprise turque, alors que l’ambassadeur turc sortant évoquait la veille le précédent d’un retour de Karpowership en Guinée.

Cette passe d’armes intervient après plusieurs jours de tensions liées aux pénuries d’électricité. Les 7 et 8 septembre, des manifestants ont érigé des barricades à Banjul et dans plusieurs villes voisines, pour dénoncer les coupures prolongées, a rapporté l’Agence France Presse (AFP). Le président Adama Barrow a promis le 8 septembre une amélioration de l’approvisionnement d’ici fin octobre.

Jusqu’en mai 2025, Karpowership, filiale du groupe turc Karadeniz Holding, fournissait environ 30 MW à la Gambie. NAWEC a choisi de ne pas renouveler le contrat signé en février 2018. La compagnie publique avait justifié cette rupture par le coût du dispositif, qui avait coûté à la Gambie plus de 200 millions de dollars en sept ans, indique The Standard.

Pour compenser, NAWEC misait sur des importations régionales moins chères via l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Gambie (OMVG), un réseau reliant la Gambie au Sénégal, à la Guinée et à la Guinée-Bissau. Cette stratégie avait permis à la société d’État de réduire ses coûts de 42 % selon la Banque mondiale, et de renouer avec les bénéfices en 2025.

Une stratégie de remplacement mise à l’épreuve

Si les résultats financiers confortent le choix de NAWEC, le système électrique reste sous forte tension. La sécheresse en Guinée a réduit l’hydroélectricité disponible pour la Gambie via l’OMVG. Saidy a indiqué que les importations en provenance de Guinée, qui avaient atteint 70 à 80 MW l’année précédente, avaient diminué en 2026 sous l’effet de la baisse des pluies.

Le conflit au Moyen-Orient a également été cité par Saidy parmi les facteurs compliquant la situation énergétique du pays.

Alors qu’au-delà de l’évocation d’un potentiel retour de l’entreprise en Gambie, aucune négociation à cet effet n’a été confirmée, le président Barrow, a de son côté, promis une unité de production supplémentaire de 24 MW à Brikama, l’une des six régions administratives du pays, d’ici fin octobre. Il a également promis l’installation d’une centrale solaire de 50 MW à Soma, sur la rive sud du fleuve Gambie.

Abdel-Latif Boureima

Édité par Wilfried ASSOGBA

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03/06/2026 : Gambie : 52,6 millions $ de la Banque mondiale pour le transport et l’énergie

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