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Sénégal : vers une relance de la filière palmier à huile avec l’appui de l’Indonésie

Sénégal : vers une relance de la filière palmier à huile avec l’appui de l’Indonésie
  • Date de création: 15 septembre 2026 04:18

(Agence Ecofin) - En Afrique de l’Ouest, le Sénégal figure parmi les principaux importateurs d’huile de palme avec le Nigeria, le Togo ou encore le Burkina Faso. Alors que la production locale stagne depuis plusieurs années, Dakar tente de relancer la filière avec un projet ambitieux.

Le Sénégal envisage de développer 60 000 hectares de plantations de palmiers à huile dans le cadre d’une coopération avec l’Indonésie à travers des régions du centre et du sud du pays. C’est ce qui ressort d’une rencontre qui s’est tenue le 11 septembre dernier à Dakar entre le ministère de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage (MASAE) et l’ambassadeur d’Indonésie.

Selon les informations relayées par l’Agence de presse sénégalaise (APS), les deux parties envisagent la mise en place d’un groupe de travail technique mixte chargé d’accompagner la réalisation de ce projet. Pour l’heure, les détails concernant le calendrier de mise en œuvre ou encore le modèle de financement de cette initiative ne sont pas encore connus.

Quoi qu’il en soit, l’objectif traduit une volonté de relancer une filière qui peine à se développer depuis plusieurs années. Les données compilées par la FAO montrent, par exemple, que les superficies consacrées à la culture du palmier à huile au Sénégal stagnent autour de 11 800 hectares et n’ont jamais franchi le seuil de 12 000 hectares sur la décennie 2015‑2024.

Parallèlement, la production d’huile de palme assurée par les industriels a également stagné sur la période autour de 14 000 tonnes, alors que la vigueur de la demande sur le marché intérieur oblige le pays à recourir massivement aux importations. D’après la FAO, le Sénégal a importé en moyenne 148 100 tonnes d’huile de palme entre 2015 et 2024, avec un pic de 195 937 tonnes en 2017. Ces achats ont coûté en moyenne près de 108 millions $ par an sur la même période, avec un pic de 172 millions $ enregistré en 2020.

Capitaliser sur l’expertise indonésienne

La coopération avec l’Indonésie présente un intérêt particulier pour Dakar, compte tenu du poids du pays asiatique sur le marché mondial de l’huile de palme. Avec près de 46,7 millions de tonnes en 2025/2026, l’Indonésie s’impose comme le premier producteur mondial d’huile de palme, mais elle est aussi le premier exportateur mondial, selon les données compilées par le département américain de l’Agriculture (USDA).

Ce positionnement repose sur plusieurs décennies d’expérience dans la sélection variétale, la gestion des plantations et la transformation industrielle. Pour Dakar, l’enjeu sera donc de capitaliser sur ce savoir-faire à travers le renforcement des compétences locales et le transfert de technologies, afin de poser les bases d’une filière plus productive et mieux intégrée.

Rappelons que des approches similaires de coopération dans la filière palmier à huile avec l’Indonésie sont déjà expérimentées avec d’autres pays sur le continent africain. En Tanzanie, les autorités ont par exemple engagé en 2025 une coopération avec l’Association indonésienne de l’huile de palme (GAPKI) afin de bénéficier de formations, d’un accompagnement technique et d’un transfert de compétences dans le développement des plantations. Au Nigeria, premier producteur africain d’huile de palme, un protocole d’accord conclu en 2024 entre les producteurs locaux et GAPKI prévoit également un partage de connaissances et de technologies pour améliorer la productivité de la filière.

Assocle Stéphanas

Édité par Wilfried ASSOGBA

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