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De Djibouti à Mojo, l’Éthiopie veut reprendre la main sur sa chaîne logistique

De Djibouti à Mojo, l’Éthiopie veut reprendre la main sur sa chaîne logistique
  • Date de création: 15 septembre 2026 04:03

(Agence Ecofin) - Enclavée et dépendante de ses voisins pour l’accès maritime, l’Éthiopie cherche à transformer cette contrainte en levier de compétitivité. Le pays mise notamment sur le développement d’un réseau logistique intérieur capable de mieux capter la valeur générée par ses échanges extérieurs.

L’Éthiopie a inauguré la première phase de l’extension du centre logistique de Mojo, pour porter sa capacité annuelle à environ 1 million de conteneurs de 20 pieds, contre 500 000 auparavant. Au-delà de l’augmentation des capacités, le projet s’inscrit dans la volonté d’Addis-Abeba de renforcer la maîtrise des opérations logistiques réalisées sur son territoire.

Le défi est d’autant plus important que le commerce extérieur éthiopien reste concentré sur un nombre limité de débouchés maritimes. Au cours de l’exercice fiscal 2025/26, achevé le 7 juillet 2026, le port de Djibouti a traité 17,57 millions de tonnes de marchandises importées et exportées par l’Éthiopie, soit 96,71 % du volume total, selon des propos attribués par la presse locale au ministre d’État aux Transports et à la Logistique, Denge Boru.

Cette concentration n’est pas nouvelle. Ces dernières années, Addis-Abeba a cherché à développer d’autres itinéraires, notamment à travers les corridors de Berbera, Tadjourah et Mombasa-Moyale. Malgré ces efforts, leur contribution reste limitée : Berbera représente 2,74 % des volumes, contre 1,23 % pour Tadjourah et 0,56 % pour Mombasa-Moyale.

Maîtriser davantage l’hinterland

En attendant la concrétisation de nouveaux débouchés maritimes, voire d’un éventuel accès direct à la mer dans le cadre des accords conclus avec le Somaliland, l’extension de Mojo doit permettre à l’Éthiopie de mieux contrôler les opérations réalisées entre les portes maritimes et ses centres de consommation ou de production. Installée sur 60 hectares, la plateforme comprend des terminaux et des entrepôts destinés au traitement et au stockage des marchandises. Elle permettra également le conditionnement de produits secs en vrac directement en Éthiopie.

L’objectif est de développer davantage de fonctions logistiques sur le territoire national et de réduire certaines contraintes liées à l’acheminement des marchandises. Selon les autorités, la facture annuelle des coûts logistiques dépasse 1,5 milliard USD. Addis-Abeba entend également s’appuyer sur ces infrastructures pour mieux tirer parti de la ZLECAf et renforcer les échanges avec les marchés régionaux.

La performance de Mojo dépendra toutefois de sa connexion aux principaux corridors de transport. Au cours du même exercice, le transport routier a assuré près de 80 % du fret éthiopien, avec 14,08 millions de tonnes, contre 18,92 % pour le chemin de fer Éthio-Djibouti et 0,94 % pour le fret aérien.

Henoc Dossa

Edité par : Feriol Bewa

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