(Agence Ecofin) - En perturbant les chaînes d’approvisionnement mondiales, la pandémie de Covid-19 et le conflit russo-ukrainien ont remis au centre des préoccupations la question de la sécurité alimentaire. Le problème se pose avec acuité en Afrique, où plusieurs pays qui produisent et exportent de grandes quantités de matières premières agricoles sont des importateurs nets de produits alimentaires, selon les critères établis par l’Organisation mondiale du commerce (OMC).
Très perceptible au Maroc, comme dans la plupart des pays du continent, cette ambivalence a incité l’Institut marocain d’intelligence stratégique (IMIS) à explorer les pistes à même de permettre à ce pays d’Afrique du Nord à vocation agricole d’assurer sa souveraineté alimentaire et de faire de son industrie agroalimentaire un nouveau moteur de croissance de son économie et de ses échanges commerciaux avec le reste du monde.
Dans un rapport publié en septembre 2022, le think tank basé à Rabat explique de prime abord que le fait que le royaume chérifien soit en même temps un grand exportateur et un importateur net de produits alimentaires tient à un fossé entre l’amont et l’aval de la chaîne de valeurs, étant donné que l’augmentation de la production agricole n’a pas été accompagnée par une consolidation de l’industrie de transformation des matières brutes en produits alimentaires finis ciblant à la fois le marché intérieur et les marchés internationaux.
Intitulé « Industrie agroalimentaire : le Maroc, futur champion régional ? », le rapport précise que l’enjeu consiste, en somme, à rééditer la performance réalisée par l’Office Chérifien des Phosphates (OCP), qui a su résoudre de manière efficace et rapide cette même problématique.
Les auteurs du rapport développent dans ce cadre une vision stratégique pour doter le Maroc d’une filière agroalimentaire de classe internationale. Des pistes sont proposées pour les filières dont les produits sont destinés à l’exportation, les produits intermédiaires dépendant des importations et les filières dépendantes du marché intérieur des produits de base.
Le rapport identifie par ailleurs trois leviers pour dynamiser la chaîne de valeur agroalimentaire : l’innovation pour valoriser les diverses ressources du pays, la décarbonation de la production industrielle à travers la mobilisation des énergies renouvelables, et la digitalisation destinée à améliorer la productivité au niveau des divers maillons des chaînes de valeur agricole et agro-industrielle.

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