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Afrique centrale : les chercheurs sonnent l’alerte sur la montée de la déforestation dans le bassin du Congo

  • Date de création: 15 juillet 2022 17:23

(Agence Ecofin) - Dans le monde, les pertes de surfaces forestières prennent de plus en plus de l’ampleur. A côté de l’Amérique latine et de l’Asie, l’Afrique est une des zones les plus touchées par le phénomène.

En Afrique centrale, la déforestation progresse à un rythme inquiétant. L’alerte émane du Centre de recherche forestière internationale (CIFOR) dans son rapport « Etat des Forêts d’Afrique centrale 2021 » publié en marge de la 19ème réunion des Parties du Partenariat pour les forêts du bassin du Congo qui se tenait du 5 au 8 juillet dernier à Libreville au Gabon.

D’après l’organisation, ce sont près de 9 % de la superficie des forêts tropicales humides d’Afrique centrale qui ont disparu depuis l’an 2000, soit 18 millions d’hectares.

Sur la période 2015-2020, le document de près de 400 pages estime que le taux annuel de perturbation dans les forêts tropicales humides de la zone a été de 1,79 million d’hectares contre 1,36 million d’hectares entre 2005-2015.   

« Les forêts dégradées en Afrique centrale représentent environ 7 % de la surface restante de Forêt tropicale humide (jusqu’à 30 % si l’on considère les forêts situées en bordure des zones perturbées), et environ 40 % de toutes les perturbations forestières (déforestation, régénération et dégradation) », indique le rapport.

Les activités qui sont à l’origine de la déforestation et de la dégradation des forêts sont surtout l’exploitation illégale, l’exploitation industrielle et l’agriculture, apprend-on. Pour ce qui concerne cette dernière, la déforestation y est davantage liée à l’agriculture de subsistance, à la petite production de charbon de bois et au ramassage du bois de chauffe.

Alors que globalement dans tous les pays d’Afrique centrale dont les principaux forestiers (Gabon, Cameroun, RDC et Congo) le taux annuel de perturbation a grimpé depuis 2009, le rapport suggère d’accroître les moyens financiers octroyés par les bailleurs de fonds aux Etats du bassin du Congo pour enrayer le phénomène qui s’il se poursuit au rythme de ces 10 dernières années menacerait la biodiversité et les moyens de subsistance des populations.

D’après Richard Eba’a Atyi, Coordonnateur régional du CIFOR et éditeur principal du rapport, les financements disponibles sont de loin inférieurs à ce qui est accordé à l’Amazonie notamment. Ceci alors même que la RDC par exemple, affiche la seconde superficie de forêt non perturbée du monde tropical, après le Brésil et avant l’Indonésie.

Au chapitre des recommandations, le rapport préconise aussi la plantation forestière, la mise en œuvre des projets REDD+ (Reducing Emissions from Deforestation and Forest Degradation) pour réduire les émissions de carbone et une prise en compte des communautés locales à travers des activités agricoles durables.

Sandrine Gaingne

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COMM

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