(Agence Ecofin) - Alors que les besoins de financement des infrastructures de transport demeurent élevés, les pays africains doivent aussi composer avec une variable de plus en plus coûteuse : les conséquences économiques des phénomènes climatiques extrêmes.
Les fortes précipitations enregistrées ces dernières semaines à Lomé, Accra, Lagos et d'autres villes du littoral atlantique ouest-africain, ont provoqué des inondations qui ont affecté des infrastructures, notamment des axes routiers, des ponts, des ouvrages de drainage et des voiries. Alors que les gouvernements évaluent encore les dégâts, une autre conséquence commence à apparaître : le coût élevé des réparations pourrait peser sur les budgets initialement prévus pour de nouveaux chantiers.

Les précédentes catastrophes donnent un aperçu de la facture à venir
Le rapport « State of the Climate in Africa 2023 » de l'Organisation météorologique mondiale (OMM) indique que les pays africains perdent chaque année entre 2 % et 5 % de leur PIB en raison des aléas climatiques. Dans certains cas, ils doivent également réaffecter jusqu'à 9 % de leurs dépenses budgétaires pour faire face aux catastrophes. A plus long terme, les besoins d'adaptation restent considérables.
L'OMM estime que l'Afrique subsaharienne devra mobiliser 30 à 50 milliards USD par an au cours de la prochaine décennie, soit 2 à 3 % du PIB régional, pour renforcer sa résilience face au changement climatique. Les infrastructures de transport représentent une part importante de cette facture. Selon un rapport publié en septembre 2025 par la Coalition for Disaster Resilient Infrastructure (CDRI), les catastrophes naturelles provoquent en moyenne 12,7 milliards USD de pertes annuelles sur les infrastructures africaines.
En Afrique de l'Ouest, les estimations consolidées des dégâts causés par les inondations sur les réseaux routiers demeurent rares. Les chiffres disponibles concernent généralement les opérations de reconstruction engagées par les Etats. Au Nigeria par exemple, la reconstruction du pont de Mokwa, détruit par les inondations de mai 2025 dans l'État du Niger, représente une dépense de 16,7 milliards de nairas (environ 12,1 millions USD). Au Ghana, le budget 2026 prévoit 3 milliards de cedis (environ 260,5 millions USD) pour la réparation des infrastructures routières. Plusieurs observateurs appellent depuis quelques jours à une augmentation de cette enveloppe, avec les fortes pluies.
Au-delà de la sous-région ouest-africaine, d'autres exemples illustrent l'ampleur potentielle des besoins. La Banque mondiale estime que les événements climatiques coûtent chaque année 163 millions USD au réseau routier du Malawi, soit environ 1,3 % du PIB du pays. Au Mozambique, les inondations de janvier 2026 ont endommagé plus de 5 000 kilomètres de routes dans 9 provinces, et le gouvernement évalue les travaux de remise en état à près de 3,5 milliards USD.
Des projets d'extension potentiellement ralentis
La remise en état des routes, ponts et ouvrages hydrauliques constitue généralement une priorité pour les gouvernements, tant les perturbations qu'entraînent les ruptures de trafic sur les axes routiers peuvent affecter les échanges commerciaux, les chaînes logistiques, les transports urbains ou encore l'approvisionnement des centres économiques.

Cette priorité intervient toutefois dans un contexte où les ressources consacrées à l'entretien des réseaux routiers demeurent souvent insuffisantes. Au Nigeria, le ministre des Travaux publics, Bello Goronyo, a indiqué que les besoins annuels de maintenance sont estimés à 880 milliards de nairas, tandis que les crédits effectivement mobilisés ne couvrent qu'environ 20 % de ce montant.
Dans ces conditions, des dépenses exceptionnelles de reconstruction pourraient conduire certains États à arbitrer entre la remise en état des infrastructures existantes et le lancement de nouveaux projets routiers, ou encore à rechercher des financements additionnels auprès de bailleurs de fonds internationaux. Sans remettre nécessairement en cause les programmes d'investissement, ces arbitrages pourraient ralentir leur mise en œuvre.
La résilience climatique s'impose progressivement comme un nouveau standard
Face à la multiplication des phénomènes météorologiques extrêmes, les institutions financières internationales encouragent désormais les États à intégrer des critères de résilience climatique dès la conception des infrastructures. Cela passe notamment par le renforcement des systèmes de drainage, le dimensionnement des ouvrages hydrauliques en prévision de précipitations plus intenses, le recours à des matériaux plus résistants ainsi que des études hydrologiques plus approfondies.
Si ces exigences augmentent le coût initial des projets routiers, elles sont présentées comme un moyen de limiter les dépenses de reconstruction à répétition et de préserver, à long terme, les investissements consacrés au développement des réseaux de transport.
Henoc Dossa
Edité par : Feriol Bewa
Huiles végétales : le colza et le tournesol porteront le commerce mondial en 2026/2027 (USDA)
Huiles végétales : le colza et le tournesol porteront le commerce mondial en 2026/2027 (USDA)
L’huile de colza et l’huile de tournesol représentent ensemble environ 25 % de la consommation mondiale d’huiles végétales. Ces deux oléagineuses,...Côte d’Ivoire : la reprise de l’exploration de lithium annoncée sur le projet Atex
Côte d’Ivoire : la reprise de l’exploration de lithium annoncée sur le projet Atex
Atex dispose déjà de plusieurs résultats de forage encourageants, mais toujours pas d’estimation de ressources minérales. Après le retrait de Ricca...CAN 2027 : quand la route vers le trophée devient un feuilleton continental
CAN 2027 : quand la route vers le trophée devient un feuilleton continental
La trente-sixième Coupe d’Afrique des Nations de football se profile à l’horizon et les préparatifs vont bon train. Pour la première fois, la grande messe...Réserve de Lokobe : l’écrin vert qui révèle les trésors cachés de Madagascar
Réserve de Lokobe : l’écrin vert qui révèle les trésors cachés de Madagascar
Connue dans le monde entier pour ses plages paradisiaques et ses eaux turquoises, l’île de Nosy Be abrite également l’un des plus précieux sanctuaires...
Renaissance Cairo Mirage City Hotel, Egypt