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Pétrole : entre offre en chute et routes menacées, l’AIE repousse la sortie de crise

Pétrole : entre offre en chute et routes menacées, l’AIE repousse la sortie de crise
  • Date de création: 14 septembre 2026 17:52

(Agence Ecofin) - Sept mois après le début du conflit au Moyen-Orient, les routes mondiales d’acheminement du pétrole brut restent sous pression. Les perspectives d’un retour à la normale à court terme s’éloignent.

L’offre pétrolière mondiale reculera de 5,7 millions de barils par jour (b/j) en 2026, estime l’Agence internationale de l’énergie (AIE) dans son rapport mensuel publié vendredi 11 septembre. L’institution a abaissé de 1,3 million b/j sa prévision d’offre mondiale pour cette année. La normalisation des flux du Golfe ne devrait pas intervenir avant 2027.

La chute de l’offre s’accompagne d’une contraction de la demande. La consommation mondiale reculera de 2,5 millions b/j en 2026, indique le rapport, contre 1,6 million b/j estimé en août. La baisse concerne principalement les distillats moyens, dont le diesel, ainsi que les charges pétrochimiques, notamment en Asie.

Ce recul de la demande ne suffit pourtant pas à compenser le manque de brut. Les stocks mondiaux ont chuté de 3,1 millions b/j en août, d’après l’AIE et de 507 millions de barils au total depuis le début du conflit en février. Leur niveau, tombé à 7,8 milliards de barils, est au plus bas depuis 2023.

Trois corridors sous tension en même temps

Jeudi 10 et vendredi 11 septembre, des drones provenant d’Irak ont frappé plusieurs installations du pipeline Est-Ouest saoudien, selon les autorités saoudiennes.

Face à cette situation, Riyad a fermé préventivement cet oléoduc de 1200 kilomètres, qui acheminait 4 à 5 millions b/j vers le port de Yanbu, sur la mer Rouge. Les stocks disponibles à Yanbu permettraient de maintenir les chargements pendant cinq à sept jours, ont précisé trois sources industrielles citées par Reuters.

Alors que le royaume saoudien n’a pas communiqué sur l’étendue des dégâts ni sur le délai de remise en service, les forces houthies ont pris le 12 septembre le contrôle de l’île de Perim, qui divise le détroit de Bab el-Mandeb en deux chenaux navigables, d’après quatre sources gouvernementales yéménites, toujours citées par Reuters.

La production saoudienne avait déjà chuté de 10,9 millions b/j en février à 6,24 millions b/j en août, son plus bas depuis 1990, selon les données que Riyad a transmises à l’OPEP. Les trois voies par lesquelles l’Arabie saoudite, premier fournisseur mondial de pétrole brut avant le conflit, achemine son brut vers les marchés à savoir le détroit d’Ormuz, le pipeline Est-Ouest et la mer Rouge via Bab el-Mandeb, sont désormais perturbées.

Les ministres des Affaires étrangères du Gulf Cooperation Council (CCG) et de l’Irak devaient rencontrer lundi à Oman leur homologue iranien pour discuter d’un corridor maritime dans le détroit d’Ormuz, a rapporté Muscat Daily.

La réunion a toutefois été reportée afin de rechercher un consensus régional plus large. L’Iran a réaffirmé qu’il maintiendrait le détroit fermé tant que ses exigences envers les USA ne seraient pas satisfaites. Des négociations similaires ont déjà échoué en avril à Islamabad et en août sur le format du corridor.

Abdel-Latif Boureima

Édité par Wilfried ASSOGBA

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04/06/2026 : Stocks pétroliers : l’AIE redoute des niveaux critiques avant le pic estival

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