(Agence Ecofin) - Après près de deux ans de blocage lié à un différend avec l’État, consécutif au retrait du permis de son opérateur en 2024, le projet d’uranium Madaouéla patine au Niger. La récente signature d’une nouvelle convention minière pourrait toutefois relancer son développement.
Longtemps resté en marge, le projet d’uranium Madaouéla retrouve désormais une place dans les plans de développement d’Atomic Eagle (ex-GoviEx). La société minière australienne a en effet annoncé lundi 14 septembre la signature d’un accord pouvant lui permettre de mobiliser 10,9 millions de dollars australiens, soit environ 7,7 millions USD. Ces fonds serviront à financer sa stratégie de croissance au cours des prochaines années, notamment sur ce projet nigérien dont elle vient de reprendre le contrôle.
En juillet 2024, Atomic Eagle avait en effet, vu son permis de Madaouéla retiré par l’État nigérien, qui lui reprochait un avancement insuffisant du projet. S’en est suivi plus de deux ans de bras de fer, conduisant notamment l’entreprise à engager un arbitrage international. Les relations se sont toutefois progressivement apaisées, d’abord avec la décision commune des deux parties de négocier une solution amiable, puis avec la signature, en août, d’une nouvelle convention minière autour de l’actif.
C’est dans ce contexte qu’intervient la nouvelle opération annoncée, qui verra Menel Energy and Resources, principal actionnaire d’Atomic Eagle, exercer un certain nombre d’options de la société d’ici au 28 octobre prochain. Ces fonds viendront compléter la trésorerie existante, qui devrait ainsi atteindre 23 millions de dollars australiens. De quoi permettre à la compagnie de poursuivre ses activités sur le projet d’uranium zambien Muntanga ainsi qu’à Madaouéla.
L’actif zambien a concentré ces dernières années l’essentiel des investissements d’Atomic Eagle, faute d’issue au différend avec le Niger. Ces efforts devraient s’y poursuivre, tandis que la compagnie prévoit d’actualiser les études techniques de Madaouéla et d’étudier les options disponibles pour financer sa construction. Elle dispose de deux ans pour mettre à jour les études de faisabilité, environnementales et sociales et sécuriser les fonds nécessaires à la planification d’une mine susceptible de valoriser un potentiel dont les ressources sont estimées à 116,5 millions de livres d’uranium.
« Cet engagement garantit à la Société un financement suffisant pour accélérer la réalisation de nos objectifs concernant nos deux projets d’uranium prometteurs en Zambie et au Niger. Cette décision témoigne de la grande confiance d’un actionnaire qui accompagne nos projets de longue date et nous permet de mener de front les projets en Zambie et au Niger, plutôt que de les aborder successivement », a déclaré Phil Hoskins, PDG d’Atomic Eagle.
La suite de cette stratégie se mesurera à l’effet des investissements projetés sur l’avancement effectif du projet nigérien. D’autant que la nouvelle convention minière renforce la position de Niamey comme partie prenante de son développement. L’État qui détenait auparavant 20 % des parts, dispose désormais de 40 % du capital : 15 % lui sont attribués gratuitement, tandis que les 25 % restants sont contributifs à hauteur de cette participation. Cette évolution intervient sur fond de repli de la production nigérienne d’uranium, passée de 4 116 tonnes en 2014 à 962 tonnes en 2024, selon la World Nuclear Association.
Aurel Sèdjro Houenou
Édité par Wilfried ASSOGBA
Lire aussi :
24/08/2026 - Uranium : l’australien Atomic reprend Madaouela désormais contrôlé à 40 % par le Niger
20/05/2026 - Uranium : Atomic Eagle avance ses pions en Zambie dans l’attente d’une issue au Niger
La Gambie privilégie l’extension du réseau pour atteindre l’accès universel à l’électricité
La Gambie privilégie l’extension du réseau pour atteindre l’accès universel à l’électricité
La Gambie privilégie le raccordement au réseau pour augmenter l’accès à l’électricité, notamment en milieu rural. De nouveaux investissements publics...Huiles végétales : le colza et le tournesol porteront le commerce mondial en 2026/2027 (USDA)
Huiles végétales : le colza et le tournesol porteront le commerce mondial en 2026/2027 (USDA)
L’huile de colza et l’huile de tournesol représentent ensemble environ 25 % de la consommation mondiale d’huiles végétales. Ces deux oléagineuses,...Le Kenya prévoit d’étendre son réseau ferroviaire vers la Tanzanie
Le Kenya prévoit d’étendre son réseau ferroviaire vers la Tanzanie
Avec la progression du commerce intra-régional, les infrastructures de transport deviennent un enjeu central pour l’intégration économique en Afrique de...À Madagascar, la baisse du prix de l’Internet met les réseaux sous pression
À Madagascar, la baisse du prix de l’Internet met les réseaux sous pression
chapô : La demande en connectivité à haut débit continue de progresser en Afrique, au rythme de l’adoption des services numériques. Gouvernements et...CAN 2027 : quand la route vers le trophée devient un feuilleton continental
CAN 2027 : quand la route vers le trophée devient un feuilleton continental
La trente-sixième Coupe d’Afrique des Nations de football se profile à l’horizon et les préparatifs vont bon train. Pour la première fois, la grande messe...Réserve de Lokobe : l’écrin vert qui révèle les trésors cachés de Madagascar
Réserve de Lokobe : l’écrin vert qui révèle les trésors cachés de Madagascar
Connue dans le monde entier pour ses plages paradisiaques et ses eaux turquoises, l’île de Nosy Be abrite également l’un des plus précieux sanctuaires...
Renaissance Cairo Mirage City Hotel, Egypt