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Afrique du Sud : Transnet revient dans le vert, mais doit encore prouver l’efficacité de sa transformation

Afrique du Sud : Transnet revient dans le vert, mais doit encore prouver l’efficacité de sa transformation
  • Date de création: 14 septembre 2026 12:16

(Agence Ecofin) - Avec des infrastructures sous pression et des performances encore en deçà des attentes, Transnet revoit progressivement son modèle. Une évolution qui place le groupe face à une question centrale : comment transformer l’ouverture au privé en gains opérationnels durables ? 

Le groupe logistique public sud-africain Transnet a indiqué en fin de semaine dernière avoir dégagé un bénéfice net de 4,6 milliards de rands (environ 283,3 millions USD) au titre de l’exercice 2025/26 clos le 31 mars 2026, contre une perte de 1,9 milliard de rands un an auparavant. Son chiffre d’affaires a progressé de 7,1 %, à 88,6 milliards de rands, tandis que l’EBITDA s’est établi à 30,9 milliards de rands, en hausse de 0,7 %. Sur le rail, les volumes de fret ont augmenté de 4,9 %, à 167,9 millions de tonnes. 

Durban, premier test d'un nouveau modèle

Le retour dans le vert doit toutefois être nuancé par un élément important. La finalisation du partenariat avec International Container Terminal Services Inc. (ICTSI) pour le Durban Gateway Terminal (DGT) a généré un gain de 12,5 milliards de rands, selon le dernier rapport d’activités de la société. Depuis le 1er janvier 2026, ICTSI détient 49,999 % du terminal, après avoir versé 10,5 milliards de rands. Transnet conserve ainsi le contrôle de l’infrastructure tout en ouvrant son exploitation à un partenaire privé disposant de capitaux et d’une expertise opérationnelle dans la gestion des terminaux à conteneurs.

Au-delà des retombées financières immédiates, la pertinence de ce modèle devra notamment être mesurée sur sa capacité à améliorer durablement la productivité et la fiabilité des infrastructures. Malgré les nouveaux modèles d’exploitation en cours d’implémentation, les ports sud-africains restent confrontés à des contraintes de capacité et à des problèmes opérationnels qui pénalisent la fluidité des échanges. 

Les perturbations enregistrées en août dernier au DGT ont notamment mis en évidence ces difficultés. Plusieurs jours de dysfonctionnements avaient affecté les opérations du terminal, alors que le port de Durban joue un rôle important dans l’exportation des agrumes sud-africains. La presse locale avait notamment fait état de files de camions pouvant atteindre 30 heures pour la livraison de conteneurs frigorifiques, dans un problème présenté comme récurrent pendant la saison d’exportation. 

Dans ce contexte, les partenariats avec des opérateurs privés se multiplient dans les principaux ports du pays. Pour Transnet, l’enjeu est désormais de démontrer que ces ouvertures peuvent se traduire par des gains opérationnels durables, au-delà des ressources financières mobilisées à court terme. 

Le rail s’ouvre également aux opérateurs privés 

La même logique est progressivement appliquée au réseau ferroviaire. Transnet a conclu des accords d’accès à ses infrastructures avec 11 opérateurs ferroviaires privés. Les premiers devraient commencer leurs activités au cours de l’exercice 2026/27. Le groupe ambitionne ainsi d’accroître l’utilisation de son réseau et attirer de nouveaux investissements dans le fret ferroviaire, après plusieurs années marquées par une baisse des volumes et des contraintes opérationnelles. 

Tout comme sur le segment portuaire, l’ouverture du réseau ne règle toutefois pas à elle seule les difficultés structurelles du secteur. Certaines sections restent confrontées à la vétusté des infrastructures, tandis que le vandalisme et le vol d’équipements continuent de perturber les opérations. L’amélioration des performances du réseau, parallèlement à son ouverture aux opérateurs privés, sera donc déterminante pour juger de l’efficacité de la réforme. 

Henoc Dossa 

Edité par : Feriol Bewa

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