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Chine, Finlande, Corée du Sud : la Tanzanie s’entoure pour mieux connaître son sous-sol

Chine, Finlande, Corée du Sud : la Tanzanie s’entoure pour mieux connaître son sous-sol
  • Date de création: 14 septembre 2026 04:11

(Agence Ecofin) - Important producteur d’or africain, la Tanzanie abrite aussi du nickel, du graphite ou encore du cuivre. Un potentiel minier qui pourrait être plus important qu’estimé, alors que les autorités s’investissent pour mieux connaître la géologie du pays.

Dans une note publiée samedi 12 septembre, le ministère des Mines de Tanzanie a annoncé l’approfondissement de sa coopération minière avec la Chine. Pékin devrait notamment soutenir le pays par des subventions pour une nouvelle étude destinée à mieux connaître son sous-sol, dans le cadre d’une démarche qui associe aussi d’autres partenaires comme la Finlande et la Corée du Sud.

L’initiative a été annoncée lors de la Conférence et exposition minière de Chine, à Tianjin, où le ministre tanzanien des Mines, Anthony Mavunde, s’est entretenu avec plusieurs responsables chinois, dont le vice-ministre des Ressources naturelles, Xu Dachun. Le montant des subventions n’a pas été précisé. Elles serviront toutefois à accompagner la réalisation d’une campagne de levés géophysiques aéroportés à haute résolution ciblant notamment les localités de Dodoma, Tabora, Singida et Shinyanga.

Lors d’une telle opération, des avions ou hélicoptères équipés de capteurs survolent le territoire pour mesurer les variations du champ magnétique ou de la radioactivité naturelle. L’objectif est de produire une sorte de radiographie géologique du sous-sol, en recueillant des données susceptibles de mieux faire ressortir les structures géologiques pouvant abriter des gisements de minerais.

La coopération évoquée inclut en outre un volet consacré au transfert de compétences. Des experts tanzaniens devraient ainsi bénéficier de programmes du Service géologique de Chine (CGS) pour renforcer leurs capacités en matière d’études géologiques et d’interprétation des données d’exploration minière. Des partenariats existent également dans ce domaine avec le Service géologique de Finlande (GTK) et le Korea Institute of Geoscience and Mineral Resources (KIGAM).

Ces initiatives s’inscrivent dans un plan de Dodoma consistant à étendre de 16 à 50 % d’ici 2030, la part du territoire couverte par des levés géophysiques aéroportés à haute résolution. Dans ce cadre, les autorités annonçaient en janvier leur volonté d’acquérir un hélicoptère dédié à ces opérations et de construire parallèlement des laboratoires modernes pour les essais et la recherche minérale. Des efforts qui rejoignent d’ailleurs d’autres initiatives africaines, notamment en République démocratique du Congo et au Nigeria.

Une meilleure connaissance du sous-sol peut en effet constituer un atout important pour tout pays minier, particulièrement en Afrique où la cartographie des territoires reste limitée. Elle permet notamment de réduire l’incertitude pour les investisseurs intéressés par des opportunités dans ces juridictions, en leur évitant d’avoir à financer certaines étapes préliminaires de la prospection minière. Pour la Tanzanie, dont le potentiel minier comprend aussi bien l’or que des minerais critiques tels que le nickel, le cobalt, le cuivre ou encore le graphite, l’enjeu est d’autant plus important dans un contexte d’intérêt accru des grandes puissances pour ces ressources stratégiques.

La mise en œuvre effective des partenariats annoncés et des études constituerait déjà une première étape pour évaluer la portée du plan tanzanien. Leurs résultats ne pourront toutefois être véritablement mesurés que lorsqu’ils permettront d’identifier des zones minéralisées suffisamment prometteuses pour justifier des investissements d’exploration avancée. Une perspective qui pourrait peser dans l’avenir d’une industrie minière qui représentait déjà 10,1 % du PIB national en 2024, selon l’ITIE Tanzanie.

Aurel Sèdjro Houenou

Édité par Wilfried ASSOGBA 

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