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L’industrie du coton dans l’attente de la décision indienne

  • Date de création: 14 mars 2012 03:54

(Agence Ecofin) - Face à la levée de boucliers notamment des ministres des Fermes (Farm Minister) et de l’Agriculture, Sharad Pawar (photo), le ministre du Commerce Anand Sharma a annoncé dimanche que sa décision prise le 5 mars d’interdire l’exportation de coton pourrait être levée lors d’une réunion inter gouvernementale de haut niveau qui se tiendrait d’ici une quinzaine de jours. D’ici là, New Delhi interdit la signature de nouveaux contrat de vente de coton mais autorise que soient honorés les contrats passés avant le 5 mars.

Rappelons que le ministre du Commerce, qui a dans son portefeuille les industries de filature, avait voulu rassurer l’industrie quant à son approvisionnement adéquat (en volume et en prix) en matière première alors que l’Inde atteignait des niveaux record d’exportation : 9,5 millions de balles ont déjà été expédiées depuis le début de la campagne en octobre et des contrats pour 2,5 millions de balles supplémentaires ont déjà été engagées, ce qui représente un volume total à l’export en hausse de 54% par rapport à l’année dernière à la même époque.

La décision du 5 mars avait de suite fait chuter de plus de 1000 roupies le prix du coton sur le marché intérieur en Inde, à moins de 3000 roupies les 100 kg, ce qui avait fait monter au créneau Sharad Pawar, influent ministre de la coalition dans le gouvernement indien et représentant des cotonculteurs : ce dernier avait demandé au Premier ministre de lever l’interdiction. Une demande qui est apparue aux yeux de nombreux observateurs comme particulièrement fondée puisque la baisse des prix intérieurs qui a suivi l’interdiction démontre bien que les disponibilités indiennes en fibres sont importantes. Les filateurs ne chercheraient, en fait, selon certains, qu’à faire baisser le prix de la matière première sur le marché intérieur en se protégeant de la concurrence du marché international.

Les exportateurs indiens, pour leur part, s’inquiètent car les cours sur les marchés internationaux sont en train de baisser et ils ne veulent pas perdre de temps pour exporter au meilleur prix.

La Chine, premier débouché du coton indien, a également vivement critiqué l’interdiction d’exporter, Pékin soulignant qu’il devrait se tourner vers d’autres fournisseurs. En février, Pékin a importé 616000 t de coton, en hausse de 234% par rapport à février 2011 et de 89% par rapport à janvier 2012. D’une façon générale, sur le marché international, cette décision indienne du 5 mars avait souligné, une fois de plus, les revirements de la politique indienne en matière de commerce international.

Ces voltefaces indiennes ont entrainé le marché à terme de New York à la baisse ces cinq derniers jours de cotation, clôturant hier à 88 cents la livre. Des analystes, comme Job Moss de chez MCM, voient le prix du coton baisser encore ces prochains mois et passer en dessous des 80 cents au vu des fondamentaux du marché : le département américain de l’Agriculture (USDA) a relevé hier ses prévisions de production mondiale 2011/12, à 123,64 millions de balles de 480 lb contre 123,34 millions auparavant, alors que la consommation mondiale baisserait à 108,72 millions contre 109,71 millions estimées précédemment. Les stocks mondiaux en fin de campagne atteindraient 62,32 millions et non plus 60,77 millions, chiffre précédemment avancé. Sur l’année calendaire 2011, la fibre a déjà perdu 37% de sa valeur par rapport à 2010.


 
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