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Métiers de la mer : le pari de l’Afrique pour créer 40 millions d’emplois d’ici 2030

Métiers de la mer : le pari de l’Afrique pour créer 40 millions d’emplois d’ici 2030
  • Date de création: 13 septembre 2026 17:25

(Agence Ecofin) - Face à un potentiel maritime encore sous-exploité et une jeunesse en quête de débouchés, l’Union africaine a lancé un programme continental inédit pour renforcer les compétences et l’entrepreneuriat des jeunes et des femmes dans les filières de l’économie bleue.

Longtemps cantonnée aux discours, la valorisation des ressources maritimes africaines entre dans une phase concrète de formation et d’insertion professionnelle. À Luanda, l’Union africaine a orgnaisé du 22 au 25 juillet, la 3e Semaine africaine de l’économie bleue. L’événement, baptisé Africa Blue Economy Week (ABEW 2026), a réuni 450 participants issus de dix pays africains.

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A cette occasion, la Commission de l’Union africaine (UA) et le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) ont lancé l’Africa Blue Economy Accelerator Programme for Youth and Women. Dotée d’un budget de 28,4 millions USD, cette initiative couvre la période 2027-2031 et vise à former et insérer les jeunes et les femmes dans les filières maritimes du continent.

Un programme bâti autour de 3 piliers

Dans cette démarche, les interventions s’organisent autour de trois piliers complémentaires. Le premier renforce les capacités, la compétitivité et la résilience des entreprises. Le deuxième améliore l’accès aux marchés, aux financements et aux opportunités de croissance. Le troisième consolide les écosystèmes de soutien et l’environnement réglementaire. Chaque étape intègre des volets transversaux sur la transformation numérique et la résilience climatique.

D’ici 2031, le programme ambitionne d’accompagner 3 000 entreprises et de créer 12 000 emplois durables. Il cherche également à mobiliser entre 30 et 50 millions de dollars d’investissements privés. Une phase pilote démarrera en 2027 dans six pays, avec pour objectif de soutenir 300 entreprises et générer 1 500 emplois.

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L’initiative cible les entreprises de jeunes et de femmes dans six sous-secteurs clés. La pêche, l’aquaculture, le tourisme côtier, le transport maritime, la biotechnologie marine et l’économie circulaire sont visés. Le dispositif repose sur un réseau de 40 organisations de soutien aux entreprises dans 30 pays africains. Ces structures, incubateurs, accélérateurs et hubs d’innovation, délivreront formations, accompagnement et mise en marché.

Un paradoxe continental qui rend urgente la question des compétences

Ce déploiement répond à un déficit inquiétant sur le marché du travail africain. D’après le rapport Foresight Africa 2026 de la Brookings Institution publié en janvier 2026, 12 millions de jeunes africains rejoignent le marché du travail chaque année. Sur ce total, seuls 3 millions d’emplois formels y sont créés dans le même temps.

L’Organisation internationale du travail rappelle que plus de 85 % des emplois en Afrique subsaharienne sont informels. Elle ajoute que la main-d’œuvre a augmenté de 15,4 millions de personnes entre 2024 et 2025. Mais l’emploi n’a progressé que de 14,6 millions sur la même période : 1 million de personnes supplémentaires se retrouvent dans la précarité.

L’économie bleue emploie pourtant déjà environ 49 millions de personnes. Elle nourrit par ailleurs 200 millions d’Africains via les écosystèmes marins. Malgré 13 millions de km² d’espace maritime, le continent produit moins de 3 % du poisson mondial. Moses Vilakati, Commissaire de l’UA chargé de l’Agriculture, du Développement rural, de l’Économie bleue et de l’Environnement durable (ARBE), a posé ce diagnostic devant les participants de l’ABEW 2026. « Notre défi n’est pas un manque de vision », a-t-il affirmé, appelant à investir dans l’éducation, les compétences, la recherche et l’innovation.

L’UA et le PNUD visent 40 millions d’emplois bleus et 405 milliards USD générés d’ici 2030. Malgré ce potentiel, jeunes et femmes restent cantonnés aux segments informels à faible valeur ajoutée. Le programme copiloté par les deux institutions identifie 4 obstacles structurels à l’origine de cette exclusion. Le premier est un déficit de capacités entrepreneuriales et techniques. Le deuxième est un accès limité aux marchés et aux financements. Le troisième est une faiblesse des écosystèmes de soutien aux entreprises.

Le quatrième est une exclusion numérique aggravée par la vulnérabilité climatique. Le programme Accelerator constitue le premier mécanisme opérationnel continental pour y remédier. Reste à savoir si ce pari tiendra face aux délais de mise en œuvre déjà annoncés.

Félicien Houindo Lokossou

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