(Agence Ecofin) - Depuis 1947, le Festival d’Avignon s’est imposé comme la plus grande manifestation annuelle de l’art dramatique dans l’espace francophone. En 2013, le laboratoire « Ça va, ça va, le monde ! » a intégré son programme.
Le Festival d’Avignon offre une vitrine internationale au théâtre africain. Du mardi 14 au dimanche 19 juillet, une série de lectures en public, produite en partenariat avec RFI, a lieu à la cour du musée Calvet, à Avignon. Elle offre une tribune aux dramaturgies francophones venues d’Afrique, des Caraïbes et du monde arabe, souvent absentes des circuits traditionnels, en mettant en avant leurs voix et leurs récits.
Le cycle « Ça va, ça va le monde ! » se présente comme une série de lectures théâtrales en public, captées en direct puis diffusées sur les antennes de RFI. Les textes abordent des thématiques fortes et actuelles, telles que la mémoire des guerres, la corruption, l’héritage colonial, l’environnement, l’identité et les résistances sociales.
Pour sa 14e édition, ce programme trouve un cadre prestigieux au Festival d’Avignon, où il s’inscrit comme un espace de découverte et de dialogue autour des écritures francophones contemporaines.
Six voix francophones au cœur des fractures contemporaines
L’événement littéraire sera l’occasion d’écouter six textes puissants. Clipping d’Israël Nzila, originaire de la République démocratique du Congo et lauréat du Prix RFI Théâtre 2025, raconte la quête déchirante d’une mère à la recherche de son enfant disparu.
La décennie noire du franco-algérien Yacine Benyacoub, lauréat du Prix de la Société des auteurs et compositeurs dramatiques (SACD) de la dramaturgie francophone 2025, plonge dans la mémoire de la guerre civile algérienne et dénonce les manipulations de la propagande. Avec Les dieux tambourinent, la Togolaise Jeannine Bessoga met en scène une jeune femme confrontée au tarissement d’une source sacrée, oscillant entre les traditions ancestrales et l’influence des réseaux sociaux.
Le Sénégalais Mamadou Sellou Diallo explore la folie et nos perceptions sociales à travers l’univers d’un centre de repos dans Dof ! Perdre l’esprit. L’œuvre Quel dernier grand conflit… du Haïtien Guy Régis Junior interroge, quant à elle, les pulsions destructrices de l’humanité et la mémoire des violences collectives.
Enfin, Reste de la Burundaise de Claudia Munyengabe déploie un drame politique où la sororité devient un acte de résistance face à l’autoritarisme. Deux jumelles se retrouvent au centre d’une crise politique et écologique. L’une, emprisonnée pour avoir défié le régime en dessinant un symbole interdit, incarne la contestation et la lutte pour sa liberté. L’autre, membre du gouvernement, tente d’utiliser son influence pour obtenir sa libération, partagée entre fidélité familiale et devoir institutionnel. Une situation cornélienne qui illustre la diversité des écritures théâtrales francophones africaines.
Ubrick F. Quenum
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