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Le déficit commercial de l’Afrique avec la Chine s'est creusé à 80 milliards $ de janvier à août 2026

Le déficit commercial de l’Afrique avec la Chine s'est creusé à 80 milliards $ de janvier à août 2026
  • Date de création: 12 septembre 2026 12:26

(Agence Ecofin) - La montée des barrières commerciales sur plusieurs marchés occidentaux, combinée aux surcapacités de certaines industries chinoises, est de nature à favoriser une réorientation des exportations de Pékin vers des marchés alternatifs du Sud global, faisant de régions comme l'Afrique, l'Asie du Sud-Est et l'Amérique latine des relais de croissance majeurs.

Le déficit commercial de l’Afrique avec la Chine s’est creusé de 34,48 % au cours des huit premiers mois de 2026, comparativement à la même période en 2025, pour s’établir à 80,07 milliards USD, selon des données publiées par l'administration générale des douanes chinoises. Les exportations de l’empire du Milieu vers les pays africains ont augmenté de 25,8 % entre le 1er janvier et le 31 août de l’année en cours, à 177 milliards USD.

Durant la même période, les importations chinoises en provenance du continent ont atteint 96,93 milliards USD, un montant en hausse de 19 % par rapport aux huit premiers mois de 2025. Les échanges commerciaux sino-africains ont ainsi culminé à 273,94 milliards USD durant les huit premiers mois de 2026, ce qui représente une augmentation de 23,3 % par rapport à la même période de 2025.

L’envolée du déficit commercial de l’Afrique avec le géant asiatique survient dans un contexte marqué par la montée de barrières douanières érigées par les États-Unis et l'Union européenne, qui tend à contribuer, avec les surcapacités de certaines industries chinoises, à une réorientation des exportations de Pékin vers des marchés alternatifs comme l'Afrique, l'Asie du Sud-Est et l'Amérique latine. La croissance à deux chiffres des importations chinoises provenant du continent reflète notamment la vigueur des achats de matières premières, en particulier de minerais et de produits énergétiques.

Il reste toutefois difficile d’isoler, sur les huit premiers mois de l’année, l’impact de la politique chinoise d’exemption des droits de douane sur les importations en provenance des pays africains avec lesquels Pékin entretient des relations diplomatiques (53 pays), de celui de l’évolution des prix et des volumes de matières premières, d’autant que son extension aux 20 pays africains non-PMA n’est entrée en vigueur que le 1er mai 2026.

De surcroît, l’exemption généralisée des droits de douane accordée par l’empire du Milieu à tous ses partenaires commerciaux africains à l’exception de l’Eswatini, le dernier allié de Taïwan sur le continent, intervient alors que 33 pays du continent bénéficiaient déjà depuis le 1er décembre 2024 du traitement tarifaire nul offert par Pékin aux pays les moins avancés (PMA).

Déséquilibres structurels

Le déficit commercial chronique du continent avec la Chine s’explique essentiellement par des déséquilibres structurels persistants liés à la nature des produits faisant l’objet d’échanges bilatéraux. Les exportations africaines vers la Chine restent largement concentrées sur les matières premières et les produits peu transformés, notamment les minerais, les hydrocarbures et certains produits agricoles, tandis que les exportations de « l’usine du monde » vers le continent sont dominées par les produits manufacturés, notamment les machines, équipements, biens électroniques et technologies liées aux infrastructures et aux énergies renouvelables.

Les traitements tarifaires nuls accordés aux pays africains pour réduire les déséquilibres caractérisant ses relations commerciales avec le continent n’ont pas permis de rectifier le tir. Les droits de douane nuls peuvent accroître les volumes des biens exportés, mais ne garantissent pas une hausse de leur valeur ajoutée des exportations africaines. Selon les experts, seules des mesures qui permettent de s’attaquer à la faiblesse des capacités industrielles, au manque de transformation des matières premières et aux goulets d'étranglement logistiques sont capables de réduire le déficit de l’Afrique avec la Chine.

Dans un rapport publié récemment, la Banque africaine d’import-export (Afreximbank) a d’ailleurs estimé que le continent ne peut tirer pleinement parti du traitement tarifaire nul offert par la Chine qu’en lançant des réformes visant à lever certains obstacles structurels et opérationnels.

Il s’agit notamment de développer des chaînes de valeur régionales dans des secteurs à fort potentiel (transformation de produits agricoles, industrie légère, traitement des minerais, etc.), de renforcer les infrastructures et corridors logistiques (zones industrielles à proximité des ports, liaisons ferroviaires intégrées, ports secs, réseaux d'entrepôts frigorifiques), d'aligner les exportations sur les préférences en constante évolution des consommateurs chinois et de consolider les mécanismes de financement du commerce, comme l'assurance-crédit à l'exportation et les prêts commerciaux libellés en yuan chinois.

Walid Kéfi

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